La rencontre de trois grandes figures de l’opposition guinéenne à Paris ce 10 Août dernier et les sorties médiatiques de certains cadres et responsables de ces formations politiques laissent planer des doutes, puis suscitent des spéculations.

Depuis, les langues se délient sur l’éventuelle participation de ces ténors de l’opposition membre du FNDC à la présidentielle de 18 Octobre prochain. Une décision qui serait contraire à l’orthodoxie du mouvement, qui d’ailleurs ne reconnait ni l’actuelle Constitution encore moins les institutions qui découlent de celle-ci.

Les opposants qui bénéficient de l’estime et de la confiance du peuple doivent éviter de tomber dans ce jeu pernicieux, aux conséquences fatidiques. Sans doute, leur participation à un processus biaisé d’avance, sans aucune garantie, avec les mêmes conditions qu’on a toujours fustigées et réfutées aurait pour équivalent, la trahison du peuple, et pour conséquences, un échec lamentable.

Il dénote d’une inintelligence avérée voire d’une immaturité politique de croire qu’il est possible à l’état actuel, d’aller en compétition avec Alpha Condé et de gagner.

Il est trop petit de brandir le Sénégal comme un exemple caricatural pour appuyer son argumentaire en vue d’encourager cette mauvaise posture. Pourquoi ne prennent-ils pas l’exemple sur des pays comme: le Cameroun de Paul Biya, le Congo de Denis Sassou-Nguesso, Djibouti d’Ismaïl Omar Guelleh, le Burundi de Pierre Nkurunziza, l’Ouganda de Yoweri Museveni, le Rwanda de Paul Kagame… Dans tous ces pays, le référendum constitutionnel a servi de support aux Présidents en exercice pour se maintenir. Mais hélas, voulant masquer les réalités illuminées par les éclats du soleil, ils orientent leur exemple sur leur prétendu centre d’intérêt. Malheureusement, sans penser aux conséquences.

Le plus intelligent en politique, est celui qui est apte à flairer les choses les plus subtiles. Quand vous constatez que les cartes sont déjà jouées en votre défaveur, la maturité politique exige le boycott.

Une sagesse de chez moi dit ceci : << Lorsqu’une chose dont vous n’y voyez pas votre part se partage, le mieux serait de dire que vous n’aimez pas >>.

Inutile de perdre son temps à établir un élément de comparaison, la Guinée et le Sénégal ont des réalités sociologiques et politiques différentes. Ces deux pays n’ont pas une même histoire politique. Mieux, l’ancrage démocratique de ces deux pays est totalement diffèrent.

D’ailleurs, il est important de noter en filigrane les événements qui ont concouru à l’éviction d’Abdoulaye Wade en faveur de Macky Sall.

Contrairement à la Guinée, il faut rappeler que le Sénégal a bien réussi sa lutte contre le repli identitaire et communautaire. Il a également réussi à inculquer la culture d’indépendance dans l’esprit de ses cadres, à cultiver le sentiment patriotique.

En dehors de tout cela, il faut signaler qu’ au Sénégal, Wade a été combattu par son propre entourage qui, au départ, lui prêtait les intentions de vouloir préparer son fils Karim Wade pour sa succession. C’est l’une de causes de l’effritement du Parti Démocratique Sénégalais (PDS) qui s’est vu progressivement vider de ses cadres et non des moindres.

Cette tempête a emporté un nombre important de cadres dont entre autres nous pouvons citer: Modou Diagne Fada, Oumar Sarr, Amadou Sall, Babacar Gaye, Idrissa Seck, Macky Sall

Après leur départ du Parti Démocratique Sénégalais (PDS),  tous ces Leaders se sont tracé un nouveau chemin pour continuer leur combat politique. Ils ont choisi d’être acteurs de la scène politique et non des simples spectateurs. Cela fut un véritable atout pour l’alternance.

C’est donc, dans cette atmosphère politique ambiante, qu’est sorti Macky Sall qui connait parfaitement la philosophie politique de Wade. Il est d’ailleurs considéré comme le fils spirituel de ce dernier. L’avantage pour lui est le fait d’avoir gravé tous les échelons de l’appareil l’administratif de Me Wade. Dans cette osmose, il s’est non seulement créé un parfait réseau d’amis, mais aussi, battu une personnalité remarquable.

Par contre, en Guinée, aucune dissidence de cette nature n’est visible au sein du Parti présidentiel et de ses alliés. S’il y a une chose sur laquelle le RPG et ses acolytes s’accordent, c’est bien de fabriquer un homme providentiel. Certes, il y a eu le retrait de certains cadres du navire gouvernemental mais force est de constater que les cadres démissionnaires n’ont eu ni le courage, encore moins l’audace de se frayer un chemin pour donner une suite à leur parcours politique.

A cet égard, leur retrait ne représente aucune menace pour le RPG et ses acolytes qui continuent à dérouler son calendrier électoral en complicité avec les institutions de la République.

Alors, il ne sert à rien de fermer hermétiquement les yeux, et  de s’aventurer à faire la comparaison des  éléments de nature distincte. Pour ceux qui veulent aller à la présidentielle, qu’ils trouvent l’argument ailleurs car celui-ci ne tient pas.

Seulement, qu’ils sachent, politiquement ce n’est pas à leur avantage, Ils le font au préjudice de leur carrière. Une telle aventure compromet dangereusement leur crédibilité puis affecte négativement leur réputation.

Par cet acte, le peuple de Guinée les mettrait dans le même moule que le RPG et ses acolytes. La certitude est, au lendemain de cette aventure, tous ceux qui y prendront part, auraient du mal à persuader le peuple, quel que soit le talent de leurs rhétorique. Parce que, d’une manière ou d’une autre, ils auraient accompagné une forfaiture et contribuer à maintenir un homme au pouvoir.

C’est pourquoi, pour être en phase avec ses principes et sa mission, le FNDC doit avoir le courage d’exclure officiellement tous les partis politiques membres de la dynamique qui se porteraient candidat à la présidentielle du 18 Août 2020.

Tout silence face aux attitudes non orthodoxes, qui pourtant, portent préjudice à la dynamique, est un silence coupable. Les réfractaires, qui qu’ils soient, quels que soient leur poids et leur position, ils doivent être écartés.

Les garder malgré tout, pour des raisons occultes ou subjectives, c’est encourager l’impunité et l’anarchie au sein de la dynamique.

Boubacar Pelly Bah

Activiste de la société civile

 

 

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