A Labé, des jeunes garçons s’amusent à fabriquer un flambeau artisanal. Exactement comme les flambeaux qu’on importe souvent à l’orée des fêtes de fin d’année. Ils sont au quartier Tata, dans la Commune urbaine. Et mine de rien à l’approche de chaque fête musulmane, ils se font ces petits gadgets qu’ils font péter en l’air

Le petit Ousmane Traoré communément appelé Lieutenant est le chef de file de ces petits intellos. Nous l’avons rencontré et il a décrit les matériaux qu’ils utilisent pour la confection de ces flambeaux.

« Cet instrument est composé de bois, de matière élastique, de rayons de vélos et de pointes. Pour que ça fasse du bruit, il faut qu’on gratte le phosphate de trois ou quatre bruns d’allumettes dans le trou de la grande pointe et on frappe très fort soit contre un mur ou un caillou » explique-t-il.

Ousmane Traoré le sourire aux lèvres d’ajouter :

« Pour nous, c’est un signe quand on fait exploser ce flambeau à chaque approche de fête. On fabrique ça pour faire savoir aux autres jeunes voisins de se tenir prêts pour la fête car si on sort, on va faire péter encore beaucoup plus que la journée pour faire peur aux jeunes filles surtout. Je précise qu’on dérange les parents avec ce bruit à chaque minute mais ils ne peuvent que sortir et nous interdire de faire exploser ça derrière leur cour »

À la question de savoir s’ils n’ont pas peur de la police, ce meneur a répondu.

« Nous, nous sommes tous des policiers. Maintenant, ils tirent et nous aussi on fait exploser pooo ! Bien qu’ils nous ont avertis que si cette fois ci ils attrapent quelqu’un qui utilise cela, il aura à faire à eux » révèle ce garçon.

A Labé par Aïssatou Diallo pour couleurguinee