« La Chine ment, et cette vérité sera un jour révélée à tous ! Sur la base de toutes mes connaissances et recherches jusqu’à ce jour, je peux dire cela avec 100% de confiance ‘’ le coronavirus n’est pas naturel’’. Il ne provenait pas de chauve-souris. La Chine l’a fabriqué. Si ce que je dis aujourd’hui se révèle faux maintenant ou après ma mort, le gouvernement peut retirer mon prix Nobel.» A juré le prix Nobel de physiologie ou médecine de 2018.

Il poursuit avec des révélations « Je travaille depuis plusieurs années dans le Laboratoire de Wuhan en Chine. Je connais bien tout le personnel de ce laboratoire. Je les ai tous appelés, après que Coronavirus soit apparu. Mais, les téléphones sont éteints depuis trois mois. Il est maintenant entendu que tous ces techniciens de laboratoire sont morts » A insisté Tasuku Honjo.

Une révélation qui relance pour débats pour savoir dans but ce virus a été créée et pourquoi faire de la chauve-souris un bouc émissaire

« Vraisemblablement » à l’origine de la pandémie de Covid-19, la chauve-souris n’est pas pour autant davantage porteuse de virus transmissibles à l’Homme, que d’autres espèces animales.

« Si on trouve effectivement beaucoup de coronavirus chez les chauves-souris, toutes les espèces animales ont cependant été à l’origine de maladies et d’épidémies chez l’Homme dans les mêmes proportions » Insiste le scientifique, virologue de l’institut de recherche pour le développement (IRD) Eric Leroy. Et en France, il n’y a aucun risque de transmission de ce virus, ou d’un autre, du chiroptère à l’homme. Malgré tout, la réputation de ce petit animal risque d’en pâtir en France, craignent des associations environnementales. Yannig Bernard, du groupe chiroptères en Aquitaine, souhaite rassurer la population à ce sujet. Les deux spécialistes expliquent ce qu’il faut savoir sur la chauve-souris.

Que sait-on à ce jour, du rôle de la chauve-souris dans l’origine de l’épidémie de covid-19 ?

« Il n’y a pas encore eu d’étude spécifique sur les mécanismes et les modalités qui ont conduit à l’apparition de l’épidémie, ni sur la transmission du virus à partir de sa source naturelle à l’homme, explique Eric Leroy, directeur de recherche, virologue, spécialiste des zoonoses virales à l’institut de recherche pour le développement (IRD). Les seuls éléments disponibles à l’heure actuelle, sont des éléments de comparaison : le Sars-Cov-2 est très proche du Sars-CoV, responsable de l’épidémie de Sars au début des années 2000. Le rhinolophe, un genre de chauve-souris, étant le réservoir animal du Sars-CoV, il est vraisemblablement aussi le réservoir animal du Sars-CoV-2. Pour appuyer cette hypothèse, on a trouvé des séquences chez ces chauves-souris, très similaires aux séquences détectées chez l’homme au début de l’épidémie de Covid-19, en décembre. Pour identifier un réservoir animal d’une maladie, il est nécessaire de comparer les séquences virales trouvées chez les animaux avec celles caractérisées chez les premiers patients, car le virus évolue dans le temps, et il ne sera pas le même à la fin de la pandémie, de ce qu’il était au début. Tous ces éléments montrent que vraisemblablement, la chauve-souris est bien le réservoir naturel du virus actuel. »

La chauve-souris a-t-elle transmis directement à l’homme, ou y a-t-il eu un intermédiaire ?

Dans le cas du Covid-19, « la chauve-souris est l’hôte réservoir, c’est-à-dire qu’elle héberge de manière permanente et asymptomatique, le virus », nous dit le virologue. « Plusieurs scénarios sont envisagés, concernant la transmission à l’Homme. Le premier est une transmission directe, c’est ce qui arrive par exemple quand ces animaux sont consommés par les populations locales (c’est le cas en Asie), lors de la manipulation de l’animal tué. Un autre scénario fait état d’une transmission indirecte, avec l’intervention d’un hôte intermédiaire, qui pourrait être le pangolin (un animal très consommé aussi en Asie) mais pas seulement. Et une autre piste serait un mix des deux, c’est-à-dire un virus qui serait une recombinaison génétique entre un virus de pangolin, et un virus de chauve-souris, et c’est ce mutant qui aurait pu infecter l’être humain. Le champ des possibles est donc encore assez vaste. »

Pourquoi la chauve-souris a-t-elle si mauvaise réputation ?

Yannig Bernard témoigne que « C’est un animal qui a toujours eu mauvaise presse, parce qu’il vit la nuit, parce qu’il y a eu des superstitions plus ou moins baroques qui ont longtemps perduré comme le mythe de Dracula, qui n’a pas aidé, et qu’on a longtemps raconté qu’il se prend dans les cheveux… Toutefois, nous avons l’impression qu’il y a un changement depuis quelques années. L’utilité de la chauve-souris est davantage mise en avant : c’est un insectivore qui joue un rôle important dans la régulation des ravageurs, comme le moustique. Les pipistrelles peuvent manger plusieurs milliers de moustiques en une nuit, mais du moustique local je précise, car la chauve-souris n’est pas le bon prédateur du moustique-tigre qui est diurne. C’est aussi un consommateur de prédateurs de la vigne, il mange du ver de la grappe. On a une grosse demande des viticulteurs qui veulent faire venir des chauves-souris sur leurs domaines. »

La chauve-souris est-elle généralement un hôte privilégié pour les virus ?

« Pas du tout », assure Eric Leroy. Une étude de 2017 a pourtant bien montré une présence massive et diverse de covid-19 chez les chiroptères « Chaque espèce animale a ses virus particuliers, et on trouve effectivement beaucoup de coronavirus chez les chauves-souris, et uniquement au sein du genre rhinolophe » confirme le virologue. Mais des virus, il en existe des centaines et des centaines. D’autres espèces animales hébergent d’autres types de virus, et tous les virus ne sont pas transmissibles à l’homme. Le virologue insiste : « Il faut bien comprendre que toutes les grandes épidémies qui ont déferlé sur les populations depuis des millénaires, ont toujours été des maladies dues à des agents pathogènes, pour la plupart issus des animaux. Effectivement, les chauves-souris ont un certain nombre de caractéristiques physiologiques, biologiques et écologiques, qui expliquent une grande diversité virale hébergée chez elles, mais toutes les espèces animales ont été à l’origine de maladies et d’épidémies chez l’homme dans les mêmes proportions. L’idée qui circule, comme quoi les chauves-souris seraient des réservoirs privilégiés pour les maladies humaines, est donc fausse. »

Existe-t-il un danger de transmission de la chauve-souris à l’homme, dans nos régions ?

« Non, assure le virologue, chez nous l’homme n’a jamais été contaminé par une chauve-souris. Certains coronavirus sont hébergés par des chauves-souris vivant dans nos régions, mais notre mode de vie exclut les contacts physiques directs. Le risque de transmission d’un virus d’une chauve-souris à l’Homme en France, n’est pas nul évidemment, mais il est infiniment faible. En tout cas pas directement. » « J’étudie les chauves-souris depuis une vingtaine d’années, et je n’ai jamais eu connaissance de maladies transmises à l’Homme avec cet animal chez nous », confirme Yannig Bernard. Même si le risque est quasiment nul, les inquiétudes autour des chiroptères risquent de s’accroître, et la réputation de la chauve-souris devrait encore en pâtir. « C’est une crainte, forcément, admet Yannig Bernard. Cela revient chaque fois qu’il y a une problématique avec les chauves-souris, cela avait déjà été le cas lors de la première épidémie de SRAS. Pour l’instant, des personnes un peu inquiètes nous appellent, et on les rassure. »

Est-il possible d’anticiper la transmission du virus de la chauve-souris à l’homme ?

« On en est au troisième coronavirus qui passe chez l’homme, maintenant on sait que c’est un virus au fort potentiel zoonotique, c’est-à-dire possédant une capacité de passer de l’animal à l’Homme beaucoup plus importante que les autres virus, explique Eric Leroy. Donc les recherches doivent se focaliser majoritairement sur cette famille virale là. Il faut les caractériser le plus complètement possible, pour mettre en évidence des signaux d’alerte qui nous disent quand un virus a évolué, et quand il est proche de pouvoir se transmettre à l’homme. Alors, on pourra mettre en place des stratégies pour prévenir un éventuel événement. »

Les cinq hypothèses sur l’origine du Covid-19 : de la plus sérieuse à la plus farfelue

Depuis l’apparition du Coronavirus, les théories fleurissent à propos de sa véritable origine. Même si la piste animale reste la plus probable, selon les Scientifiques

Les mystères restent nombreux autour du nouveau coronavirus. L’origine de la pandémie en fait partie. Si des scientifiques sont catégoriques sur une origine naturelle du virus, et qu’il a été certainement transmis à l’homme sur un marché de Wuhan par un animal, une chauve-souris, un pangolin ou un serpent, d’autres hypothèses, plus ou moins probables, ont vu le jour ces derniers temps.

Parmi elles, récemment, la théorie d’une création par accident en laboratoire lors d’une manipulation pour un vaccin contre le VIH a été défendue par Luc Montagnier, prix Nobel de médecine très souvent conspué par la profession. Elle a été largement décriée depuis.

L’occasion de revenir sur les différentes suppositions, de la plus probable à la plus farfelue, qui ont émergé à propos de l’origine du virus.

Première hypothèse : Transmission par animal

Alors que la piste du patient zéro de la pandémie en Chine est toujours compliquée à remonter, difficile d’être certain de l’origine du Covid-19. La première hypothèse, et celle qui est retenue à ce jour par la communauté scientifique, est une origine animale, qu’elle provienne du pangolin, de la chauve-souris ou du serpent.

Un article publié le 4 avril dans Futura santé rappelle que le pangolin est considéré comme un élément déterminant dans l’émergence de la maladie, même si les preuves manquent encore. Le nouveau coronavirus est sans doute né chez la chauve-souris, mais les scientifiques pensent qu’il est passé par une autre espèce avant de se transmettre à l’homme via une mutation.

Des chercheurs chinois ont affirmé que cet animal intermédiaire pourrait être le pangolin, petit mammifère à écailles, menacé d’extinction. La communauté scientifique internationale a jugé cette hypothèse plausible, mais elle n’est pas vérifiée.

Deuxième hypothèse : Sorti d’un Laboratoire de Wuhan par accident

De leur côté, les Etats-Unis n’excluent pas que le coronavirus à l’origine de la pandémie provienne d’un laboratoire chinois à Wuhan, et évoquent désormais une “enquête” pour faire la lumière sur son origine.

Le Washington Post, affirmait que l’ambassade des Etats-Unis à Pékin, à la suite de plusieurs visites à l’Institut de virologie de Wuhan,  il y a 2 ans, le département d’Etat américain avait lancé l’alerte sur les mesures des failles dans ce laboratoire qui étudiait les coronavirus chez les chauves-souris.

Richard H. Ebright, professeur de biochimie à l’université Rutgers et directeur du laboratoire de l’Institut Waksman de microbiologie, affirme en effet que « des preuves documentées indiquent qu’un projet sur les nouveaux virus de chauve-souris du Centre de prévention et de contrôle des maladies de Wuhan et de l’Institut de virologie employait des standards de biosécurité et d’équipement de protection individuelle, qui poseraient un haut risque d’infection pour le personnel du laboratoire au contact avec un virus ayant les propriétés de transmission du virus de l’épidémie ».

« Il suffit qu’un chercheur renverse un flacon. Malgré la hotte aspirante, un aérosol se forme et il est infecté sans s’en rendre compte. A la fin de la journée, il quitte le laboratoire, et contamine toute sa famille et ceux qu’il croise » A ajouté Frédéric Tangy, chercheur à l’Institut Pasteur.

Le quotidien souligne toutefois que « l’hypothèse d’une origine synthétique du SARS-CoV-2 est écartée. S’il est bien possible de créer de toutes pièces des virus, tous les indices convergent ici vers une origine naturelle de ce nouvel agent infectieux ».

Une thèse également réfutée par les autorités chinoises « De nombreux experts médicaux réputés dans le monde estiment que l’hypothèse d’une soi-disant fuite n’a aucune base scientifique » a déclaré Zhao Lijian, un porte-parole de la diplomatie chinoise, estimant que l’origine du virus devait faire l’objet d’études de spécialistes.

Troisième hypothèse : Créé par l’homme en manipulant le virus du VIH

C’est une autre hypothèse qui a fait parler d’elle en France ces derniers jours, via le professeur Luc Montagnier, prix Nobel de Médecine, et qui vient d’une étude indienne publiée début février et rapidement qualifiée de “théorie du complot”. Elle avance que le nouveau coronavirus serait issu d’un accident de laboratoire, lors d’une tentative de fabrication d’un vaccin contre le virus du sida.

Une théorie attestée, selon le Nobel, habitué des polémiques et désormais très controversé dans le monde scientifique, par la présence d’éléments du VIH dans le génome du nouveau virus, et même d’éléments du “germe de la malaria”, argumente-t-il.

Elle est vivement contestée par la communauté scientifique.  « Si on cherche des séquences courtes de deux ou trois lettres dans des génomes différents, on va forcément les trouver, mais ça ne veut pas dire que les deux génomes sont les mêmes ou que l’un vient de l’autre. Prenez les deux phrases ‘’je regarde la télévision’’ et ‘’je lis un livre’’ : elles partagent un même mot, ‘’je’’, mais elles ne sont pas les mêmes pour autant. On retrouve forcément des mots identiques dans des textes complètement différents » A voulu convaincre Monsef Benkirane, chercheur au CNRS et directeur de l’Institut de génétique humaine.

« Je pense que cela accrédite cette ‘’fake news’’ qui circule, c’est-à-dire la théorie du complot, c’est-à-dire le refus de l’évidence » A répliqué Jean-Paul Stahl, professeur d’infectiologie au CHU de Grenoble.

Quatrième hypothèse : Importé par des militaires américains en Chine

En mars dernier, dans un contexte de fortes tensions entre Pékin et Washington, c’est la Chine qui a relayé, via l’un de ses diplomates, la rumeur comme quoi le virus aurait été importé par les Etats-Unis en Chine. Un porte-parole du ministère des Affaires étrangères a laissé entendre sur Twitter que le nouveau coronavirus, apparu en Chine, pourrait avoir été introduit par l’armée américaine, sans toute fois étayer son affirmation. Zhao Lijian a ainsi repris des théories du complot circulant sur Internet.

Selon certaines théories circulant sur les réseaux sociaux chinois, la délégation américaine aux Jeux mondiaux militaires, une compétition omnisports disputée en octobre à Wuhan, aurait pu apporter le virus en Chine. A la suite de cette déclaration, Washington avait convoqué l’ambassadeur de Chine aux Etats-Unis.

Cinquième hypothèse : Une arme bactériologique

Le laboratoire de Wuhan est décidément la cible de nombreux soupçons fantasmés. Dans une interview vidéo datée du 30 janvier 2020 de Francis Boyle à une chaîne YouTube, l’ancien professeur de droit international, auteur de Guerre biologique et terrorisme. Retour sur les attaques terroristes à l’anthrax, défend l’idée de la création du virus comme d’une arme par les chercheurs chinois. Une hypothèse qui s’est vite répandue sur les réseaux sociaux.

Voilà ce que Francis Boyle déclarait face au journaliste : « A mon avis [les scientifiques de l’institut de virologie de Wuhan] ont fait des recherches sur le SRAS et ont essayé de le renforcer en améliorant ses propriétés fonctionnelles, c’est-à-dire en le rendant plus mortel. En effet, selon le dernier rapport, il [le virus responsable du Covid-19] a un taux de létalité de 15 %, ce qui est plus élevé que le SRAS, et a un taux d’infection de 83% »

Le quotidien souligne que l’institut de virologie de Wuhan a évidemment démenti cette théorie. Si créer des virus fait bien partie du quotidien du travail des chercheurs en laboratoire, selon, d’après le chercheur au CNRS, « il n’y a aucun doute sur le fait que ce virus n’a pas été fabriqué en laboratoire ».

Par Louda Fogo Baldé, directeur de publication de couleurguinee.info