La situation sociopolitique du Mali s’est nettement compliquée ces derniers mois.

La coalition hétéroclite composée des leaders religieux, politiques et sociaux a eu raison sur le régime d’Ibrahim Boubacar Keita. Les heurts qui ont caractérisé la société malienne depuis le 05 Juin 2020 n’ont point laissé indiffèrent l’armée républicaine du Mali.

Sensible aux conditions de vie et d’existence de ses compatriotes, consciente de son rôle régalien qui est celui de se mettre au service de l’Etat non à un individu, de protéger le peuple non un groupe d’individus érigés au sommet de la pyramide.

Mieux, sachant profiter au beau moment, ce mardi 17 Août 2020, l’armée malienne est mise au-devant de la scène pour reprendre les choses en main. Cette initiative fut accueillie avec trompette et tambour par son peuple. Un signe éloquent de soutien et d’adhésion inconditionnelle à la cause.

Cependant, si les uns condamnent ce coup de force qui a abouti à un changement de régime, l’angle de vue est substantiellement différent chez le peuple malien qui considère cela, comme une libération de l’asservissement d’un clan.

A cet égard, il important de mentionner, bien que la démarche des mutins ne soit pas légale d’autant plus qu’elle ne s’appuie pas sur un fondement juridique, mais elle est légitime car elle bénéficie le soutien populaire.

Par ailleurs, ce qui est plus marquant dans ce scénario, la scène s’est déroulée en pleine journée. Cet état de fait, n’est pas seulement l’expression de la force des mutins plutôt une confiance absolue que le peuple est acquis à leur cause.

Jamais dans l’histoire des coups d’Etat, un régime légal et légitime ne peut être déstabilisé sans effusion du sang. Le coup d’Etat de Mohamd Morsi en Egypte en est une illustration parfaite.

Pendant des mois l’Egypte était en ébullition, malgré la répression et les arrestations, le mouvement ne fléchissait pas. Le mot d’ordre était toujours: le retour de Morsi au pouvoir.

Alors, c’est cela la légitimité, un élément indispensable dans l’exercice du pouvoir politique.

La légitimité ne s’obtient par des discours farfelus et creux, elle est le fruit de l’estime et de la confiance d’une entité sociale, à une sphère donnée.

A présent, c’est le cas du Mali, le peuple malien pour plusieurs raisons décide de retirer son estime et sa confiance à son désormais ex-Président, Ibrahim Boubacar Keita et les confie au Comité National pour le Salut du Peuple.

A l’ordre du jour, il est plus judicieux pour la communauté internationale de faire une analyse objective de la situation, se départir complètement des positions partisanes.

Il faut absolument traiter ce sujet avec tact et lucidité, faire un diagnostic serein sur ce qui a prévalu à cet état fait, préconiser des solutions idoines pour éviter au pays des éventuels scénarios de même nature.

Voilà en réalité ce que doit être l’attitude de la communauté internationale, une attitude contraire, serait, aider un régime oppresseur contre un peuple opprimé.

L’évidence est que, il est illusoire de croire qu’on peut apporter de l’aide à quelqu’un qui n’est pas nécessiteux. Le besoin du peuple malien doit être au centre de vos préoccupations.

Il n’échappe à l’intelligence de personne que le peuple malien a constaté avec amertume l’échec du régime d’Ibrahim Boubacar Keita. Il a exprimé avec vigueur son opposition à celui-ci.

Donc, à date, il ne sert à rien d’inonder les sites d’information par des communiqués laconiques, vides de sens et des chroniques frivoles.

Les gars qui, en un laps de temps ont su maitriser la situation nationale malienne ne se laisseront pas dissuader par ces sorties simultanées et intempestives qui, couvrent les intérêts des uns, au mépris de la misère du peuple malien.

Déjà, se sentant forts de l’appui de son peuple, il leur suffit juste de garder sérénité, de rester ferme dans leur conviction et d’être ouverts au dialogue. Il leur suffit d’être disponibles mais imperturbables sur leur trajectoire.

Maintenant que le dé est déjà jeté, la transition est inévitable, sa gestion par eux, est un impératif. Toute négociation contraire serait un piège, donc, à rejeter. Son acceptation équivaut à une erreur politique majeure autrement une catastrophe.

Vu l’engagement qui vous anime, vous en sortirez vainqueurs. Seulement,  la raison doit être élevée au-dessus des passions et des émotions. Dans cet esprit, soyez en sûrs, vos détracteurs d’aujourd’hui seront des flatteurs demain.

Boubacar Pelly Bah, activiste de la société civile

 

 

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