Le retrait de certains articles de la nouvelle Constitution importune Me Bassirou Barry, ancien ministre de la Justice Garde des Sceaux de feu le Général Lansana Conté. Ce lundi, il est revenu sur ce problème en s’inspirant de documents.

« Lorsqu’on compare le projet de constitution publié au journal officiel et soumis à la cour constitutionnelle pour demander si ce projet est oui ou non conforme à la constitution. Si vous comparez ce projet à ce qui a été publié au journal officiel du 14 avril 2020, vous relevez au moins 20 articles qui ont été modifiés. Il s’agit des articles 13, 17, 31, 37, 39, 42, 43, 47, 52, 68, 71, 76, 77, 83, 84 90, 106, 107, 119 et 132. Mais, à l’intérieur de certains articles, il y a plus d’une modification. Donc, il y a en réalité à peu près une trentaine de modifications du projet qui a été soumis à référendum. Prenons l’article 13, vous le lisez : Toutes personnes à droit dans un délai raisonnable et en pleine égalité à ce que sa preuve soit entendu équitablement et publiquement par un tribunal indépendant et impartial qui décidera soit de ses droits et obligations soit le bien fondé de toute allégations en matière civile ou pénale dirigée contre elle. Voilà ce qui est écrit. Alors on a oublié le mot indépendant et impartial. Vous prenez l’article 17 : toute personne à droit à la liberté de réunion et d’associations dans les conditions fixées par la loi. Fixer par la loi et suivant les modalités prévues la loi. Ce n’est pas tout à fait la même chose. Donc y a un changement substantiel. L’article 42 : le président de la République est candidat à la présidence de la République. Il doit être de nationalité guinéenne et jouir de ses droits civile et politique. Être en état de bonne santé certifié …voilà ce qui était écrit dans le projet. Donc, le 22 mars, c’est sur ce texte que les gens qui ont participé au vote de référendum  se sont prononcés et pas un autre. Mais, ce texte n’a pas été publié. Donc, il n’a pas de valeur. Celui qui a été publié le 14 avril, d’où est-ce qu’il sort ? » S’interroge-t-il

Cet ancien ministre de la justice affirme que le référendum du 22 mars n’est qu’un plébiscité.

« C’est qu’il considère qu’au moment où il pose cet acte. Cette constitution de 2010 est encore en vigueur. Il y a, tapis dans l’ombre, des gens qui sont en train de s’amuser avec le destin de notre pays et de notre peuple. Jusqu’au 22 mars est-ce que vous connaissiez ce qu’il y avait dans la nouvelle constitution ? »

Enfin, cet avocat estime que juridiquement, la seule constitution valable c’est celle de 2010. Il invite les dirigeants guinéens à apprendre ce qu’il appelle la culture du respect de la l’égalité

« Si on veut que ça marche c’est de la respecter scrupuleusement » indique-t-il

              Par Abdul Karim Barry Pour Couleurguinee.info