Couleurguinee.info vous propose cet article en plusieurs actes. C’est une réflexion qui porte sur ce que la politique et les ressources minières ont apporté aux Guinéens. Lisez plutôt

Le changement intervenu dans notre pays le 3 Avril 1984 avait donné beaucoup d’espoirs aux Guinéens

Espoir que la lumière allait se faire sur les crimes commis de 1958 à 1984 ;

Espoir que les Droits de l’Homme allaient désormais être respectés pour permettre à chaque Guinéen de vivre en paix et dignement dans son pays ;

Espoir qu’un développement rapide et harmonieux allait s’opérer pour améliorer les conditions de vie des populations etc.

L’espoir pour le respect des Droits de l’Homme s’est malheureusement estompé dès 1985 avec la torture et l’élimination extrajudiciaire de nombreux Guinéens  suite au coup d’état manqué du 4 juillet 1985. De cette date à nos jours, les Guinéens n’ont connu que des séries de violences et de violations de droits de l’homme  qui ont toujours entraîné des pertes en vie humaines et des dégâts matériels inestimables. Nous pouvons citer entre autres les tueries par les affrontements inter-ethniques à N’Zérékoré lors des communales de 1991, ceux des événements des 2 et 3 février 1996,  ceux de 2006 et de 2007, les massacres du 28 Septembre 2009, les tueries  au cours des élections de 2010, les massacres de Galapaye et de Zogota auxquelles s’ajoutent les tueries perpétrées au cours des manifestations politiques et sociales de 2010 à nos jours. Toutes ces tueries ont été accompagnées de blessures de nombreuses personnes, de dégâts matériels considérables et de déchirures du tissu social.

L’espoir de voir la lumière se faire sur les crimes commis depuis l’indépendance reste toujours un rêve pour les différentes victimes et le peuple de Guinée car chaque régime qui arrive ne fait qu’ajouter sa part de violences et de crimes au lieu d’avoir la moindre volonté de mettre la lumière sur le passé pour enfin arrêter la chaine de violences. Depuis 2011, la mode c’est le dédouanement des forces de l’ordre par les gouvernants pour dire que ce sont les manifestants qui se tuent entre eux.

L’espoir d’un respect des Droits de l’Homme demeure toujours utopique et notre pays est très souvent épinglé par les organisations de défense de droit de l’homme.

L’espoir de développement pour l’amélioration des conditions de vie des populations quant à lui reste le dernier souci des gouvernants et des politiciens dont la préoccupation reste la politique politicienne, les promesses jamais tenues, la course à l’enrichissement personnel et des batailles inutiles autour d’institutions et de lois uniquement à leur faveur.

Avec l’instauration d’une démocratie multipartite en 1992 une opportunité était née pour apporter des changements politiques et sociaux pour faire décoller le pays et améliorer les conditions de vie de nos populations. Malheureusement, l’élite politique, au lieu de rassembler le peuple et se fixer avec lui des objectifs de développement s’est évertuée à le  diviser avec des stratégies ethnocentriques et régionalistes teintés de corruption et d’intimidation. Cela a créé un climat de suspicion, de méfiance et de haine entre les guinéens qui se consacrent désormais à des luttes ethnico-politiques et régionalistes pour  ignorer les voies du développement.

Chaque communauté ethnique ou régionale est manipulée par quelques fils ressortissants  qui les conduisent vers tout sauf vers le développement capable d’améliorer leurs conditions de vie et cela grâce surtout à la corruption de quelques meneurs. Des hauts perchés dans le système au pouvoir, par la corruption et le détournement impunis des deniers publics, amassent des richesses pour leurs familles et leurs lobbys. Ils distribuent des miettes à quelques mobilisateurs de foules dans chaque région, à l’occasion des campagnes électorales et font de grosses promesses qui ne sont jamais tenues. L’ethnocentrisme, le régionalisme, la corruption, l’impunité et la gabegie sont érigées en système de gouvernance.

Des institutions dites « républicaines » aussi nombreuses qu’inutiles foisonnent dans le pays juste pour récompenser des parents, des amis et des militants sans jamais tenir compte de la connaissance, de la compétence, de l’intégrité des personnes à placer. Ces institutions qu’on qualifie à tort de « républicaines et indépendantes », sont  toutes inféodées au pouvoir centrale. Elles ne jouent non seulement pas le rôle qui devait être le leur, mais aussi et surtout constituent de gros budgétivores qui absorbent la presque totalité des ressources qui auraient pu servir au développent du pays.

Tous les gouvernements que nous sert notre président sont pléthoriques et budgétivores. Comment expliquer qu’un petit pays comme la Guinée se dote à chaque remaniement d’un gouvernement de plus de trente ministères et des dizaines de ministres -conseillers à la présidence dont le rôle se résume à consommer les ressources et se promener dans de coûteuses voitures 4×4.

Qui a profité et continue à profiter des ressources de notre pays et des retombées de la politique ?

A observer de près la situation des quatre régions naturelles du pays, de la zone de Conakry  et de leurs habitants nous dirons que ne profitent des ressources du pays et des retombées de la politique que les membres du lobby qui exerce le pouvoir, leurs familles et quelques peu leurs amis.et complices.

Commençons par la zone de Conakry

Les habitants de Conakry peuvent être divisés en trois catégories :

1-Ceux qui ont milité et  soutenu l’actuelle mouvance de 1990 à nos jours ;

2-  Ceux qui ont milité et soutenu l’actuelle opposition et qui continuent d’y militer et

3- ceux qui  ne militent nulle part.

Qu’est- ce que chacun de ces groupes a tiré de cette démocratie et des ressources du pays depuis l’arrivée d’Alpha Condé au pouvoir ?

1-Ceux qui ont  installé et soutenu l’actuel parti au  pouvoir : ils sont de deux catégories il y a ceux qui ont contribué à créer, implanter et promouvoir le parti depuis le début des années 90 jusqu’en 2010 que l’on pourrait appeler les militants de la première heure et ceux qui sont venus entre 2010 et 2020 que l’on peut qualifier de militants de la 24ème heure attirés par le miel du pouvoir.

Les militants de la première heure ont enduré toutes les difficultés, (ségrégation, arrestations, tortures, tueries, emprisonnement etc.). Pour la région de Conakry ils sont  plus nombreux surtout à :

La SIG Madina, Mafanco, la Casse de Dixinn Gare, Kankan Koura à Kénien, la casse de Sonfonia et certains quartiers de la commune de Matoto. Posons –nous la question de savoir ce qui a changé dans ces fiefs du parti au pouvoir depuis 2010 ?

⦿La SIG Madina et Mafanco : sauf quelques très rares immeubles bâtis par peut-être des particuliers de tout bord, on y trouve les mêmes taudis hérités du temps colonial, les mêmes ruelles crevassées avec des caniveaux jonchés d’ordures dégageant des odeurs nauséabondes. Pour se procurer de l’eau les habitants de la SIG Madina et ceux de Mafanco font très souvent recours aux charrettes et brouettes des vendeurs d’eau qui pullulent dans la  zone avec des bidons remplis dans des fontaines lointaines. C’est d’ailleurs le cas dans la majorité des quartiers de Conakry sauf pour les familles nanties capable de se faire des forages dont la prolifération est en train de mettre en danger la stabilité du sol de la capitale. Pour le courant électrique les habitants de ces quartiers subissent les mêmes fréquents délestages que tous les autres habitants de Conakry. (la suite demain)

Par El Hadj Ibrahima Diallo, agent de développement