Couleurguinee.info vous propose cet article en plusieurs actes. C’est une réflexion qui porte sur ce que la politique et les ressources minières ont apporté aux Guinéens. Lisez plutôt

 La Casse de Dixinn Gare et Kankan Koura à Kénien: On y constate les mêmes taudis et les mêmes ruelles et sentiers boueux qu’on y trouvait dans les années  80 et 90 aucun changement depuis que leur mentor pour lequel ils ont sacrifié corps et âmes exerce le pouvoir il y a bientôt dix ans.

⦿Les quartiers de la commune de Matoto : les changements qu’on peut y trouver restent les constructions faites par des privés de tout bord qui peinent toujours à accéder à leurs domiciles faute de rues et ruelles qui devaient être aménagées par l’Etat. Le peu qui y existait avant 2010 année d’accession de leur parti au pouvoir, est aujourd’hui  profondément dégradé. C’est une commune où, comme d’ailleurs toute la banlieue de Conakry, Coyah et Dubréka, les quartiers connaissent un enclavement chronique, de fréquents délestages électriques et un criard manque d’eau potable.

⦿La casse de Sonfonia : Pour y  accéder c’est un véritable parcours de combattant, il faut avoir une voiture à suspension très solide pour parcourir les quelques km entre la Transversale N° 7  et le site qui abrite la casse de Sonfonia un des fiefs du parti au pouvoir.

Tous ces fiefs du parti au pouvoir vivent le même calvaire sinon pire que celui de ceux réputés de l’opposition dans Conakry et cela dans tous les domaines des services sociaux de base (courant électrique, eau, infrastructures routières etc.). c’est cela d’ailleurs qui explique l’attaque par les jeunes de son quartier dans Matoto Khabitaya tout récemment, du domicile privé du Haut Représentant du président de la République ancien président de l’assemblée nationale accusé de n’avoir rien fait pour le développement de la localité  et d’illuminer sa concession avec un groupe électrogène au moment où ses voisins  baignent dans l’obscurité.

Au vu de tout ce qui précède la première question que l’on se pose est de savoir pourquoi  les citoyens de ces fiefs du parti au pouvoir se sont battus et se battent depuis plus de trois décennies. La politique n’est pas une religion où l’on travaille pour attendre la récompense dans l’au-delà. Puisque cette politique  pousse souvent le militant à commettre beaucoup de pêchés (mensonges, tromperies et même des crimes) il est bon de bénéficier au moins des retombées ici-bas et toute de suite après les efforts. Il y a aussi un adage de chez nous qui dit « que si celui qui est à terre voit  plus loin que celui qui est sur l’arbre ce dernier ferait mieux alors de dégringoler ».  C’est après dix ans d’exercice d’un  pouvoir mielleux  qui a jeté dans l’oubliette les fondateurs et promoteurs de son parti au profit d’une mafia d’opportunistes de dernière heures, que le locataire de Sékoutouréya se rappelle maintenant des militants de la première heure tout simplement puisqu’il ressent la nécessité de leur soutien pour lancer une quatrième république et bénéficier de nouveaux mandats au cours desquels ceux qui ont été oubliés pendant dix ans seront très certainement jetés définitivement dans les poubelles au profit d’autres nouveaux opportunistes mafieux.

 

2- Ceux qui ont milité et qui continuent de militer dans l’opposition.

A cause de leurs opinion ils subissent depuis 2011, toutes sortes d’exactions bastonnades, tortures, tueries, injures, emprisonnement, kidnapping, déportation, déguerpissements brutaux sans indemnisation, destruction de biens tant dans leurs domiciles que dans leurs commerces de la part des forces de l’ordre qui agissent pour le compte du pouvoir en violation de la loi et des textes internationaux ratifiés par la  Guinée. Aucune de ses exactions n’a fait l’objet de justice et l’opposition n’a pas daigné réfléchir à des stratégies de lutte qui puissent atténuer ces supplices pour ses militants et continue toujours à les envoyer dans la gueule du loup pour ensuite organiser des cérémonies funèbres qui n’émoient ni le pouvoir ni la communauté internationale qui s’est toujours contentée de faire de légères et vulgaires déclarations de condamnation. Cette communauté internationale sur laquelle l’opposition semble compter pour changer la donne continue à financer les forces de répression que le pouvoir utilise contre elle et à tirer profit des ressources de notre pays.

3- Ceux qui ne militent nulle part : Ils sont victimes au même titre que ceux qui militent, des conséquences économiques et sociales des querelles  interminables entre la mouvance et l’opposition. Ces querelles qui ne font que ternir l’image du pays ajoutées à la médiocrité de l’ensemble des services de l’Etat fortement minés par la  politique, l’ethnocentrisme, le régionalisme, la corruption  poussent tous les bailleurs  de fonds sérieux à se méfier d’investir dans le pays  qui connaît de plus en plus une situation catastrophique dans tous les domaines notamment dans celui  des services sociaux de base ( infrastructures routières, éducation, santé, électricité etc.).  Dans tous ces  domaines moins un peu l’électricité, non seulement il n’y a pas de nouvelles réalisations depuis 2010, mais aussi le peu qui existait s’est fortement dégradé. Les infrastructures routières en sont l’une des plus grandes illustrations. Le régime a fait, depuis 2011, la promotion de l’incompétence  et de la médiocrité dans tous les rouages de l’Etat avec des nominations sur la base de l’ethnocentrisme, du régionalisme, du militantisme zélé et de la corruption le tout encadré par l’impunité et la corruption. Cela a conduit à une incapacité notoire des services de l’Etat de décaisser les ressources que les bailleurs de fonds proposent au pays pour le développement. Les cadres sont appréciés à leur poste non  sur la base de ce qu’ils font pour le pays mais sur celle de leur engagement à battre campagne pour le parti au pouvoir et cela depuis l’indépendance. C’est ce qui d’ailleurs explique les nombreuses promesses sans suite du président de la république qui se démène pour avoir des annonces de financements par les partenaires de la Guinée. L’argent des bailleurs de fonds n’étant pas des repas de cérémonies qu’on peut se servir dès après une annonce, les promesses que Alpha Condé fait aux populations restent sans suite à cause de l’incapacité de nos services techniques de monter des dossiers bancables pour décaisser les ressources indispensables pour mettre en œuvre les projets promis un peu partout aux populations. Depuis des années par exemple le gouvernement nous a annoncé la construction d’échangeurs à Kagbelen, Enco5, Cosa, Bambeto et Hamdallaye pour réduire les embouteillages qui écrasent quotidiennement les citoyens de Conakry,  Coyah et Dubréka mais rien n’est fait.

Cette situation fait que le taux de décaissement de la Guinée reste très faible, en 2018 par exemple sur un échantillon de 25 bailleurs de fonds le taux de décaissement le plus élevé pour la Guinée était de 18%. Chez 9  de ces 25 bailleurs le taux était de 0.

Toutes les trois catégories de citoyens citées –ci-dessus (militants des partis et non militants, peinent au même titre dans leur quotidien contre les mauvaises routes, le manque d’eau, d’électricité, de la défaillance notoire des services de l’éducation, de la santé etc. et les jeunes de leurs familles respectives subissent souvent le même chômage. En tout cas les fâcheuses conséquences de la défaillance des services sociaux de base qu’engendre la mauvaise gouvernance ne connaissent ni militants de la mouvance, ni militants de l’opposition, ni le citoyen neutre encore moins un soussou, un peulh, un malinké ou un forestier. Les calvaires routiers qui sévissent par exemple, actuellement à Yombokhouré entre Coyah et Mamou, entre Mamou et Faranah, entre Kankan et Kissidougou, entre Kankan et Kérouané, entre Mamou et Labé, entre Kankan et Mandiana, entre Labé et Mali, entre N’Zérékoré et Yomou, entre Labé et Lélouma, Entre Coyah et Forécariah, entre Labé et Tougué, entre Kindia et Télimélé, entre Boké et Gaoual, entre Boké et la frontière de la Guinée Bissao, entre Kagbelen et Tanénè, entre Dabola et Dinguiraye, entre Mamou et Dabola, entre Dabola et Kouroussa, entre Faranah et N’Zérékoré en passant par Kissidougou, Gueckédou et Macenta etc.  Et  entre l’ensemble des sous- préfectures du pays et les chef lieux des préfectures etc. ne connaissent ni militants de la mouvance, ni militants de l’opposition encore moins un soussou, un malinké, un peulh ou un forestiers, tout le monde les subit avec la même rigueur et les mêmes souffrances.

Les interminables embouteillages à Conakry dus au  déficit de voieries, du manque d’échangeurs et au  mauvais état du peu qui existe ne connaissent ni soussou, ni malinké, ni forestiers, ni diakanké, ni militant de tel ou tel parti tout le monde les subit au même titre sauf les hauts commis de l’Etat qui se frayent des passages avec d’insolents cortèges de 4×4 à sirènes.

Le manque de courant dans la grande majorité de nos villes, dans la totalité de nos villages, les délestages, les courts- circuits suivis d’incendies souvent mortels dans les quartiers des villes qu’on dit bénéficiaires de la fameuse électricité ainsi que le manque d’eau potable frappent l’ensemble des Guinéens avec le même fouet sans distinction de parti politique, d’ethnie ou de région. Le coût très élevé du transport des personnes et des biens du au refus du gouvernement de diminuer le prix du carburant pendant cette pandémie du Cvid-19 frappe aujourd’hui l’ensemble des guinéens sans distinction d’ethnie ou de région.

La question qu’il faut se poser est pourquoi alors les guinéens ne mettent pas de côté les considérations ethniques et régionalistes source de division, de frustrations et de conflits pour combattre cette mauvaise gouvernance et cette corruption qui ont mis le pays à genoux depuis l’indépendance et qui continuent à nous empêcher d’avoir le développement duquel chaque guinéen pourrait tirer profit ?

Par El Hadj Ibrahima Diallo, agent de développement