Couleurguinee.info vous propose cet article en plusieurs actes. C’est une réflexion qui porte sur ce que la politique et les ressources minières ont apporté aux Guinéens. Lisez plutôt

Après Conakry voyons avec les quatre régions naturelles  du pays: Basse –Guinée, Moyenne Guinée, Haute Guinée et Guinée Forestière.

La Basse –Guinée :

Elle  est  très pitoyable tant pour ses générations actuelles que pour celles du futur.  Tels des charognards pressés de se partager la proie des compagnies minières sont en train, depuis 2011, de se ruer sur la basse Guinée surtout Nord pour exploiter les très importantes ressources de bauxite que regorge la région. A observer de près on peut noter que les premières compagnies minières installées dans la région (Fria depuis les années 50, CBG à Boké dans les années 70 et SBK depuis le début des années 70) n’ont jusqu’ici aucun véritable impact de développement sur la région.

La région de Boké est qualifiée de pôle économique de la Guinée. Les compagnies qui y gagnent des milliards de Dollars  par an ne donnent aux populations de la région ni routes, ni eau, ni électricité sauf quelques petits bâtiments de piètre qualité servant de poste de santé ou d’écoles. Elles ouvrent dans la zone de nombreuses carrières et de routes sans bitume avec comme conséquence l’envahissement des habitations, des champs et des plantations par des nuages de poussière qui détruisent la santé des misérables citoyens. Ces  nuages de poussière empêchent la polonisation indispensable pour la production agricole.

En saison pluvieuse les terres d’érosion venant des routes et des carrières  comblent les lits des  cours d’eau  utilisés depuis des temps immémoriaux par les populations pour l’ensemble de leurs besoins hydriques. Ces cours d’eau sont en train de disparaitre, les terres agricoles sont détruites par les carrières et  les routes, la seule  route Conakry –Boké bitumée sous le régime du feu Général Lansana Conté est en train de se dégrader  à une vitesse vertigineuse sous le poids des gros porteurs et des machines des compagnies minières opérant dans la zone.

Malgré la présence massive de ces compagnies minières en basse –Guinée,  les jeunes de la région connaissent un chômage chronique et la pauvreté ronge l’ensemble des populations. Avec la multiplication d’industries dans cette région, l’urbanisation sauvage à outrance, la destruction de l’environnement et  la pollution font désormais partie du quotidien. Le peu de routes bitumées qu’elle avait avant 2010 se dégradent à grande vitesse c’est le cas de la route Conakry Boké et surtout Coyah- Forécariah d’où sont venus les trois premiers ministres que le pays a eu depuis 2010 ainsi que les deux médiateurs de la République.

 

 

Télimélé qui fait partie de la Basse Guinée continue toujours à être parmi les préfectures les plus enclavées et les plus pauvres du pays depuis l’indépendance alors que les compagnies minières ont commencé à exploiter sans impact sa bauxite. Ses habitants continuent à vivre le calvaire indescriptible tant entre Télimélé et Kindia qu’entre Télimélé et Gaoual, Fria et Boké. Les sous-préfectures de la Basse Guinée sont pratiquement toutes enclavées et les producteurs et commerçants opérant dans la région éprouvent toutes les difficultés du monde pour se mouvoir et mouvoir leurs biens.

Si l’Etat avait fait les routes, les potentialités agricoles et touristiques de la région auraient pu, à elles seules, amélioré les conditions de vie des populations mais hélas rien de nouveau ne se fait depuis 2011 et ce qui existait est à l’abandon et se dégrade à une vitesse vertigineuse comme c’est le cas d’ailleurs pour l’ensemble du pays.

La Moyenne Guinée :

C’est la pitoyable région dont les fils sont devenus, depuis 2011, les gibiers du régime.  Comme l’écrit le journal le lynx « Etre peulh en Guinée est devenu un crime » et cette région est majoritairement habitée par les peulhs. De 2011 à nos jours, cette communauté peulh a perdu près de 200 jeunes tués par balles rien qu’à Conakry sans compter les victimes dans la région du Fouta Djallon, ses opérateurs économiques ont perdu depuis 2011, des milliards de Francs Guinéens suite à des pillages par des loubards soutenus par les agents dits de sécurité. Les forces dite de sécurité les tuent régulièrement, les blessent et pillent leurs bien tant à Conakry qu’à l’intérieur du pays surtout dans leur région natale et ailleurs et justice n’est jamais rendue. Même si une manifestation a lieu dans l’une des quatre communes de Conakry (Kaloum, Dixinn, Matam ou Matoto) les forces de sécurité viennent tuer, blesser et piller à Ratoma reconnue fief des ressortissants de la Moyenne Guinée

L’actuel parti au pouvoir s’est attelé à semer la division, la zizanie et la haine non seulement entre  les fils de la région de  la Moyenne Guinée depuis 1991, mais aussi et surtout entre eux et les autres ethnies du pays. Des émissaires qu’il avait déployés à travers le Fouta  avaient fait comprendre aux communautés Diakanké, Sarakollé et d’ancien esclaves vivant dans cette région depuis des temps immémoriaux qu’ils sont des mandingues et que par conséquent il ne doivent pas militer dans les partis à leaders peulhs.

Heureusement, les liens qui cimentent les relations entre les communautés en Guinée ne sont pas faciles à détruire sinon la nation guinéenne serait déjà partie en lambeaux. Quand ce parti a accédé au pouvoir, il a continué le même travail de sape pour faire créer à l’intérieur de la région des organisations de division et de haine comme le Manden Djallon, l’association des roundés voulant regrouper les anciens esclaves qu’il poussait à s’attaquer aux peulhs. Depuis début 2020, la région est militarisée pour empêcher toute revendication et maintenir les populations dans un silence forcé.

A Conakry l’axe Hamdallaye- Bambeto-Cosa-Kagbelen fief des ressortissants de la Moyenne Guinée est militarisé depuis Juillet 2018

La moyenne Guinée est encore vierge, l’Etat n’y a exploité aucune ressource minière. Elle n’a bénéficié depuis l’indépendance, que de deux unités industrielles (la conserverie  et l’USOA) de Mamou disparues il y a plus de 30 ans.

Elle connaît un enclavement chronique surtout les cinq préfectures composant la région administrative  de Labé celle de Mamou ayant un peu bénéficié du passage des routes pour la Haute Guinée, la Forêt et Labé centre. Sur les cinq préfectures composant la région administrative de Labé quatre sont complétement et chroniquement enclavées : Mali, Tougué, Koubia et Lélouma. Les sous- préfectures  et villages sont encore plus enclavés. Le projet de bitumage de la route Labé-Mali –frontière Sénégal dont les études sont terminées depuis 13 ans reste bloqué par le pouvoir.

Depuis 2013,  le bailleur de fonds qui a financé les études annonce chaque année des financements qui restent sans effet par le manque de volonté du gouvernement malgré la promesse solennelle de Alpha Condé aux populations de Mali lors de la campagne des présidentielles de 2015 de bitumer la route Labé-Mali –frontière Sénégal, de bitumer les rues de la ville et de créer dans la sous-préfecture de Balaki un parc qui, disait-il allait concurrencer celui de Niokolokoba dans le Sénégal Voisin.

Aujourd’hui l’entreprise chargé d’acheminer les matériels et équipements pour le transport  en Guinée du courant électrique du barrage de Sambagalo au Sénégal, dans le cadre de l’Organisation de la Mise en valeur du Fleuve Gambie (OMVG) rencontre d’énormes difficultés à cause du mauvais état de la route Labé –Mali. Une voiture 4×4 qui faisait avant 2010, une heure et demie à deux heures  entre Labé et Mali y fait aujourd’hui  entre 8 et 10 h pour parcourir la distance de 120 km qui séparent les deux villes.

Il est à signaler que la route Labé- Mali-Kédougou a été classée route communautaire de la CEDEAO par le conseil des Ministres de cette institution en Décembre 2001. Ce conseil de Ministre avait retenu en Guinée trois routes (Labé-Mali Kédougou, Labé-Tougué- Dinguiraye-Siguiri et Siguiri-Kignekourou-Niagassola-Frontière –Mali

Le bitumage des rues de la ville de Mali qui a fait l’objet d’une grandiose cérémonie de pose de première pierre par le gouvernement en 2012 n’a jamais été réalisé

Par El Hadj Ibrahima Diallo, agent de développement