Nous, ressortissants de pays de la sous-région bloqués hors de nos frontières nationales, demandons à nos dirigeants de bien vouloir agir dans le sens de nous permettre de retourner auprès de nos familles respectives. Nous sommes dans une détresse morale finalement insupportable.

Personnellement je suis venu à Abidjan, de Conakry, depuis le 11 mars 2020 pour une visite médicale. Je prévoyais un séjour de 15 jours, Dieu en a disposé autrement.

Ne pourrait-on pas organiser, au niveau des aéroports, des tests au départ et à l’arrivée avec délivrance de fiches de suivi à chaque voyageur ?

Ainsi, tout voyageur qui sera suspecté au départ sera recalé et mis en quarantaine.

A l’arrivée, les fiches de suivi délivrées au départ seront enregistrées par les services sanitaires compétents et obligation éventuelle sera faite au voyageur non suspecté au départ, de se faire visiter sous quinzaine.

Nos pays n’ont, heureusement, pas connu l’ampleur des ravages qu’ont connu les pays du nord. À un moment donné, les dirigeants de ces pays ont d’ailleurs tôt fait de rapatrier leurs ressortissants dispersés dans le monde.

Je prie nos autorités de penser à la détresse de leurs compatriotes, de leurs venir en aide en ouvrant ne serait-ce que momentanément (deux semaines) les frontières.

J’espère que cet appel sera entendu et pris en compte.

Alpha Dem

Citoyen Guinéen

Ps : À l’hôtel où je logeais, j’étais voisin d’avec une dame ivoirienne en séjour à Abidjan, ayant la nationalité belge. Quand les frontières ont été fermées, nous avions le même souci au départ concernant la continuation du paiement des frais d’hôtel fixés à 15.000 F CFA la nuitée. Nous nous sommes entendus d’aborder le sujet avec la direction de l’hôtel pour une renégociation du prix de séjour. Entre temps, l’ambassade de Belgique a adressé un mail à ma voisine, l’informant de l’existence d’un vol par Brussel Airlines affrété par l’Allemagne qui devait faire escale à Conakry. Ma voisine m’a informé de cette opportunité, elle m’a communiqué l’adresse électronique de l’ambassade en me conseillant de tenter ma chance. Je me suis empressé de suivre ce conseil et j’ai demandé à l’ambassade si je pouvais m’inscrire sur la liste des passagers de ce vol pour Conakry. Oh bon Dieu, avec courtoisie l’ambassade m’a répondu n’être pas sûr que je sois admis à emprunter ce vol. C’est compréhensible, je suis un “local”. Le vol était destiné à rapatrier les ressortissants de l’UE.

Le lendemain, pendant que je dormais, à 6 heures ma voisine m’a écrit un message dans ces termes “du courage mon frère, je suis dans l’avion, on vient de décoller, je partage tes peines, portes toi bien, à un de ces 4”.

Après la lecture de ce message de compassion, je me suis replongé dans ma solitude passant mon temps entre le lit, la salle de bain, la cuisine et le balcon en ruminant le souci du paiement des nuitées, en sus, à venir.