Le but de cet article n’est pas de discréditer la décoction MALGACHE, mais de jeter un regard neutre sur le choix et l’indication de L’ARTHEMISIA dans le traitement du covid19.

Le Covid19 est une réalité que vit le monde d’aujourd’hui depuis 6 mois.

Oui il a fallu six mois pour qu’il bouleverse notre mode de vie, fasse changer nos orientations et nos rêves, bousculent nos cultes et habitudes, nous arrachent nos proches partout dans le monde.

Ce virus aujourd’hui tue sans distinction de couleurs, de Nations, n’épargne ni capitaliste, ni socialiste, ni pronazi, ni panafricain.

Le problème est aujourd’hui mondial, c’est pourquoi,  la solution doit l’être aussi.

La science est un monde calme et les discours populistes sont un frein à son évolution.

De Washington à Antananarivo en passant par Londres, les politiques profitent du vide scientifique pour tenir des discours déplacés dans le but de masquer leur incapacité à fournir à leur peuple un système de santé adéquat et fiable.

En dehors de toute considération basée sur n’importe quelle fierté africaine, il nous revient de garder la lucidité et voir sous l’angle neutre les avancées et les tares face à la prise en charge de cette maladie.

Aucune fierté scientifique ne nous rendra fiers dans le temps si celle-ci n’est pas basée sur du solide.

Mon regard sur le remède MALGACHE est une alerte que je lance aux communautés scientifiques africaines afin qu’elles reprennent leurs responsabilités en éclairant la société civile africaine qui est aujourd’hui la défenseur incontournable des acquis du continent face au reste du monde.

C’EST QUOI L’ARTHEMISIA ?

L’Armoise commune ou Armoise citronnelle (Artemisia vulgaris) est une espèce de plantes herbacées vivaces de la famille des Astéracées ou Composées (Asteraceae). Commune dans les régions tempérées, parfois cultivée comme ornementale, cette plante est appréciée pour son superbe feuillage découpé et ses propriétés médicinales. Cette plante est en effet connue depuis l’Antiquité. Les Gaulois la nommaient « ponema », mais son genre vient du nom latin de la déesse Artémis, qui avait aussi pour rôle de protéger les femmes malades.

Le genre artemisia regroupe de nombreuses espèces d’herbacées, d’arbrisseaux et autres arbustes. Citons par exemple l’Artemisia annua qui est connue pour faire l’objet de diverses applications en médecine. La médecine traditionnelle chinoise a d’ailleurs été récompensée du prix Nobel de médecine en 2015. En effet, la chinoise Youyou qui a découvert un traitement particulièrement efficace contre le paludisme grâce à un extrait de cette fameuse plante.

L’AFRIQUE ET NOTRE ARTHEMISIA:

Il faut noter qu’ils existent huit grandes maisons de la promotion D’ARTHEMISIA en Afrique dont l’une est en Côte d’Ivoire.

Depuis quelques années, ces maisons font la promotion de la consommation de L’ARTHEMISIA.

La prescription d’artemisinine, sous forme d’infusions, dont l’eau ne doit pas avoir bouilli, de feuilles séchées de l’Armoise annuelle peut s’avérer très efficace et des résultats acceptables ont été obtenus avec des cures sous forme de tisanes, à utiliser au moment des fièvres. Les meilleurs résultats sont obtenus par simple macération dans l’eau froide ou dans le lait dont les lipides favorisent la dissolution et la stabilité moléculaire de l’artémisinine.

 

Pourtant, cette utilisation en tisane fut fortement et rapidement déconseillée par l’OMS, car cette approche pouvait favoriser la résistance du parasite à la molécule semi-synthétique de l’artéméther. Bien que l’application du principe de précaution de la part de l’OMS soit louable, certains firent remarquer qu’aucune forme de résistance à l’artémisinine n’a été enregistrée en Chine, alors que cette tisane est utilisée seule depuis près de 2000 ans. L’incertitude apparue découlait de la possibilité nouvelle d’une utilisation systématique et d’une application en masse de traitements à base d’artémisinine de qualité plus ou moins variable sur une très nombreuse population, une situation qui jusqu’à présent ne s’était encore jamais produite avec cette substance. C’est pourquoi, dès 2002, l’OMS publie une recommandation claire sur la nécessité d’utiliser l’Artemisinin-based combination therapy (ACT) dans les pays touchés par les résistances aux antipaludiques classiques. Sur l’avis d’experts internationaux, elle recommande l’introduction de poly thérapies pour remplacer les monothérapies dans le traitement du paludisme et préconise en particulier le recours à des associations médicamenteuses contenant des dérivés d’artémisinine.

La politique de précaution pratiquée par l’OMS s’est avérée réaliste car dès 2009, les premiers cas de résistance de Plasmodium falciparum à l’artémisinine ont été signalés et confirmés en Asie du Sud-Est. C’est ainsi qu’en mai 2010, elle édite une mise à jour de ses recommandations. <<Le MADAGASCAR est le premier producteur de L’ARTHEMISIA de nos jours ».

Par Dr Ibrahima Sory Barry. Medecin interne CHU Donka