Dans la soirée du lundi 6 juillet 2020, le patriarche de la ville de Kankan a, à travers une réunion tenue dans sa résidence privée, avec les représentants des jeunes contestataires contre la mauvaise desserte du courant électrique à Kankan, demandé aux frondeurs de sursoire à toute manifestation afin de donner une chance au dialogue. Malheureusement, l’appel de l’autorité morale n’a pas été entendu. Selon son porte-parole, il s’est senti humilié.

Malgré l’appel du patriarche de la ville de Kankan, appelant le mouvement pour l’électrification de la Haute Guinée à sursoire à sa manifestation programmée le mardi 7 juillet 2020, les jeunes sont descendus dans les rues de la capitale de la savane guinéenne pour réclamer une meilleure desserte en courant électrique avec, à la clef, la construction d’un barrage hydroélectrique.

Cette manifestation, malgré son caractère pacifique, est vue par le sotikèmo (patriarche) comme une humiliation vis-à-vis de son autorité « De son arrière grand-père, de ses pères, des ses frères, il n’y a jamais eu de désobéissance. Nous pensons que cela doit être respecté par tous les citoyens de Kankan, sans exception. Mais, malheureusement, nous avons remarqué que la décision du sotikèmo, a été outre passé par une frange de cette jeunesse. Le Sotikèmo ne l’a pas accepté, il ne l’a pas digéré. Il a été offusqué, il a été indigné, il a été humilié » A dit Mohamed Lamine Kaba, porte-parole des sédès de Kankan, auprès de la notabilité.

Poursuivant, il a laissé entendre que le Sotikèmo demande à toute la population de Kankan de se ressaisir et de l’écouter « Le Sotikèmo demande à la population de Kankan de se ressaisir, d’accepter de l’écouter, accepter d’appliquer ce qu’il prend comme décision dans sa cité. Ceux qui vont l’appliquer auront sa bénédiction, ceux qui ne l’appliqueront pas, il ne les maudit pas, mais tout le monde sait que si le Sotikèmo est fâché, l’arrière, c’est la malédiction » A-t- dit.

Pourtant, le lundi prochain, le mouvement citoyen pour l’électrification de la Haute Guinée compte redescendre dans la rue pour battre encore le pavé.

                                           Par Mariama Tata Diallo pour couleurguinee