Jeudi soir, Donald Trump a averti sur son compte Twitter « Je ne peux pas rester indifférent en regardant ce qui arrive dans une grande ville américaine, Minneapolis. Un manque total de direction. Soit le très faible maire de gauche radicale, Jacob Frey, se ressaisit et reprend le contrôle de la ville, soit j’envoie la garde nationale et fais le travail correctement. Ces casseurs déshonorent la mémoire de George Floyd, et je ne laisserai pas cela se produire. Je viens de parler au gouverneur Tim Walz et je lui ai dit que l’armée le soutiendrait jusqu’au bout. À la moindre difficulté, nous prendrons le contrôle, mais quand on commence à piller, on commence à tirer. Merci ! »

A rappeler que des milliers d’Américains se sont réunis pour la quatrième nuit consécutive après la mort de George Floyd lors de son interpellation par la police.

Sur les circonstances de la mort de George Floyd :

Les caméras de surveillance montrent la victime se laissant menotter sans résister. Un petit attroupement se forme. Une passante filme une vidéo terrible, où l’on voit Floyd, les mains attachées dans le dos, plaqué au sol contre la roue de son véhicule. Un des policiers maintient son genou sur son cou, et pèse de tour son poids. George Floyd, le visage pressé contre le bitume, gémit, et répète : «Je ne peux pas respirer, je vais mourir ». Les spectateurs demandent aux policiers de le laisser respirer. Quand le policier enlève son genou, Floyd gît inanimé. Il est transporté en ambulance jusqu’à l’hôpital, où il est déclaré mort.

Pendant ce temps les policiers, blancs, déclarent que Floyd a résisté à l’arrestation et ne mentionnent pas qu’ils l’ont maintenu au sol pendant de longues minutes. La vidéo, diffusée par les réseaux sociaux, est depuis devenue virale, et a déclenché une vague de manifestation à travers tous les États-Unis.

Les quatre policiers impliqués ont été démis de leurs fonctions. Derek Chauvin, celui qui a pressé son genou contre le cou de George Floyd, avait fait l’objet de dix-huit plaintes, dont deux seulement ont abouti à des sanctions, en l’occurrence, des lettres de réprimande. Un autre policier avait aussi fait l’objet de plaintes, notamment pour usage excessif de la force.

Des émeutiers ont incendié jeudi 28 mai un poste de police à Minneapolis, dans le Minnesota. Pour la quatrième nuit consécutive depuis la mort de George Floyd pendant son arrestation par la police municipale, des milliers de manifestants se sont rassemblés, incendiant des voitures et des magasins et affrontant la police à coups de pierres.

Le gouverneur du Minnesota, Tim Walz, avait mobilisé jeudi après-midi la garde nationale et décrété l’état d’urgence. Il a déclaré « Malheureusement, certaines personnes se sont livrées à des activités illégales et dangereuses, notamment des incendies criminels, des émeutes, des pillages et des dommages aux biens publics et privés. Ces activités menacent la sécurité des manifestants légitimes et des autres habitants et des secouristes et des manifestants ont déjà été blessés ».

Les émeutes ont aussi eu lieu à Saint-Paul, la capitale du Minnesota et ville jumelle de Minneapolis, où l’état d’urgence a aussi été décrété. Dans la journée, un supermarché Target avait été pillé. Le capitole de Saint-Paul, siège de l’Assemblée de l’État, a été évacué par mesure de sécurité.

Les transports en commun ont été suspendus jusqu’à dimanche, et de nombreux magasins fermés. Jeudi soir, les manifestations se sont propagées à travers d’autres villes des États-Unis, notamment à New York, Denver, Albuquerque et Portland, dans l’Oregon, après que des rassemblements ont eu lieu la veille à Los Angeles et Memphis.
Le maire noir de Minneapolis, Melvin Carter dans un tweet appelle au calme «S’il vous plaît, restez chez vous. Ne venez pas manifester. Gardez à l’esprit George Floyd et l’objectif de notre mouvement, qui est d’empêcher que cela se reproduise ».
Le maire de Minneapolis a demandé que Derek Chauvin soit arrêté et inculpé. Deux enquêtes ont été ouvertes, l’une par l’État du Minnesota, et l’autre au niveau fédéral. Les procureurs ont déclaré jeudi soir qu’ils n’avaient pas encore décidé d’inculper l’un des quatre policiers, y compris celui qui s’était agenouillé sur le cou de George Floyd. « Nous allons enquêter aussi rapidement, aussi complètement et complètement que la justice l’exige, a déclaré l’un des procureurs. Parfois, cela prend un peu de temps, et nous demandons aux gens d’être patients».

Louda Fogo Baldé pour couleurguinee.info