Sidya Touré, le président du parti Union des Forces Républicaines (UFR) a réitéré ce lundi son intention de lutter jusqu’à ce que le Président guinéen Alpha Condé parte en Décembre 2020. Cet opposant n’a pas manqué de critiques vis-à-vis du pouvoir. Selon lui, on n’est plus dans une république.

«  La légalité en Guinée aujourd’hui c’est qu’on a un chef d’Etat qui devait être élu pour deux mandats. Et les deux mandats, on a eu le temps d’apprécier ce qu’il était capable de faire. Tant que cette question n’est pas réglée, le reste ne peut pas suivre. Vous n’avez qu’à regardez ce qui se passe à Kankan en ce moment. Vous pensez que vraiment c’est le moment pour dire aux gens qu’Alpha doit rester ici jusqu’à sa mort ?» s’écrie-t-il dans l’émission œil de Lynx de la radio Lynx Fm.

Selon lui, le pays est dirigé aujourd’hui sous une dictature absolue. Il parle d’une disparition de la légalité.

« Le peuple de Guinée se trouve aujourd’hui dans quelque chose qui ressemble à tout sauf un Etat. C’est un pays dans lequel le président peut s’asseoir, prendre un crayon et une gomme, réécrire la constitution lui-même et promulguer le texte que lui-même vient de modifier. C’est un pays où à l’assemblée nationale, en dehors de toute légalité, on modifie un règlement intérieur, rien que pour éjecter un député. La légalité a disparu, la légitimité, on la retrouve à nulle part. Personne n’est plus couvert par la loi parce qu’on peut modifier pour vous sanctionner » regrette Sidya Touré

Cet opposant du régime Condé estime que le combat du FNDC ne doit exclure aucun Guinéen soucieux de l’avenir du pays. D’où cet appel à l’endroit des journalistes

« Vous les journalistes, on est en train de rouiller tous ce qui vous concerne parce que ce pouvoir va à la dictature. Vous êtes concernés au même titre. Ne considérez pas le FNDC comme une structure antagoniste qui s’est constituée contre le pouvoir en place. Non ! » dit-il

Une marche est prévue le 20 juillet 2020 par le FNDC. Pour le numéro 1 de l’UFR, le sens de la marche, c’est balayer le régime. D’ailleurs, il conseille Alpha Condé de commencer de plier bagages avant décembre 2020

« Aujourd’hui, pour ce qui concerne la Guinée, on devrait être tous dehors pour dire non à cette forfaiture. Ces Guinéens qui souffrent, depuis 10 ans, qui n’ont pas d’eau, qui n’ont pas d’électricité, de nourriture, qui n’ont pas de travail, des hôpitaux pour se faire soigner aujourd’hui. Tous ces gens-là, devraient être dehors, pour dire ça suffit. Balayons ce régime et prenons une nouvelle autre orientation. Mais, on n’a pas dit qu’il n’a qu’à partir avant le 20 décembre mais on dit qu’il n’a qu’à se préparer à partir » a-t-il rectifié.

Par Abdul Karim Barry Pour couleurguinee.info