Les habitants de Khabitaye Matoto sont terrés chez eux. Des gendarmes et des policiers ont investi ce mercredi les domiciles à coups de gaz lacrymogène. Des marmites sont renversées. Des injures en langue nationale fusent.

«  On ne dirait pas qu’on n’a à faire à des forces régulières de maintien d’ordre tellement que ces agents sont vulgaires. Ils insultent pères et mères les jeunes et les femmes et ils jettent des pierres dans les concessions » a témoigné Konaté, un habitant du quartier.

On est loin de Bambeto et Cosa, l’axe en un mot. Ici, on est dans un quartier acquis 100 pour 100 au régime Alpha Condé. Tous les votes, ce quartier donne 100 pour 100 des voix au rpg arc en ciel. Mais, la répression est sans limite. «  Nous sommes enfermés dans nos maisons. Les cours et les terrasses sont polluées par le gaz lacrymogène » témoigne Doukouré Sanah, un habitant du quartier

Le tort des habitants de Khabitaya, c’est d’avoir réclamé le courant électrique. Ils sont dans l’obscurité depuis un peu plus d’une semaine. Le transfo électrique en panne a été envoyé en dépannage, il y a de cela dix jours. Il n’est pas revenu. Et hier soir à 18heures, des jeunes et des femmes du quartier sont allés rendre visite à leur voisin Claude Kory Koundiano, ancien président de l’Assemblée nationale et tout nouveau Haut représentant du Président de la République. Ils lui ont fait part de leur souhait de voir le retour du courant dans un bref délai. Ce dernier leur a dit de lui donner une semaine pour régler le problème

« Nous avons répondu qu’une semaine c’est long et qu’on veut le courant à l’instant. Il a souhaité qu’on lui donne deux jours » a témoigné un de ces jeunes. Cette visite a eu lieu autour de 18h30. A 19heures, des jeunes et des femmes mécontents ont investi la rue. A coup de barricades. Ils ont coupé la circulation et isolé le quartier. Des gendarmes venus pour calmer les nerfs ont été repoussés. Ce mercredi à 6heures du matin, les hostilités ont repris. Policiers et gendarmes ont débarqué. Pour semer la terreur dans ce quartier paisible. Bastonnades, casses et interpellations, à la clé.

Ce soir, un calme précaire règne dans ce quartier. Peu avant, des jeunes mécontents ont lancé des cailloux dans l’enceinte de la résidence de Claude Kory Koundiano. De mémoire d’homme, c’est la première fois que ce quartier enregistre une scène de violence due à des revendications politiques ou sociales

Par Mamady Cherif pour couleurguinee