Classés patrimoine mondial de la Biosphère par l’UNESCO, les Monts Nimba situés dans les sous-préfectures de Bossou et N’Zooré, dans la Préfecture de Lola, abritent une faune de qualité. Elle est soutenue par une flore de qualité aussi. Mais, ces derniers temps, les actions de l’homme sur l’environnement ont eu un sérieux impact sur cette flore qui fait vivre cette faune.

Au fur à mesure que cette chaîne de montagne est détruite par l’homme, les espèces végétales et animales rares sont en voie d’extinctions.

Des travailleurs de la station scientifique des monts nimba que nous avons trouvés sur place lors de notre expédition nous ont confié que la plupart des espèces végétales et animales qu’on pouvait rencontrer sur cette chaîne de montagne ont commencé à disparaître peu à peu :

«Les monts nimba sont une réserve mondiale de biosphères classées par l’UNESCO. Nous, nous luttons tant bien que mal pour la survie de cette réserve de biosphère, en dépit des dégradations et des attaques fréquentes à la Biodiversité. Notre institution qui a pour vraie mission l’étude de la biodiversité des monts nimba, s’efforce de connaitre les causes de cette dégradation. On ne pourra pas envisager une bonne conservation tant que nous ne connaissons pas les causes de la dégradation de la faune et de la flore. Les causes de la dégradation de cette réserve, c’est surtout une augmentation galopante de la population au niveau de la réserve. Même dans nos études, nous tentons toujours d’étudier les relations entre la réserve et les riverains. Et dans cette étude, on voit toujours une pression des riverains sur la réserve. Quand nous venions en 2003, les riverains ne connaissaient pas la vente du charbon de bois. Alors, le programme de la conservation de la biodiversité avait envisagé beaucoup d’autres choses comme la pisciculture, l’aviculture, les cultures maraîchères  et en plus la sensibilisation  par plusieurs organisations. Nous pensons que cela peut être compris par les riverains pour diminuer cette pression sur la réserve. » Nous a dit monsieur Tokpana Ninamou secrétaire scientifique à la station scientifique des monts nimba.

A la question de savoir si les chimpanzés ne sont pas menacés, le secrétaire scientifique a répondu en ces termes

« Les chimpanzés au niveau des monts nimba peuvent être menacés parce que leur écosystème est menacé. Quand l’écosystème d’un animal est menacé, l’animal aussi est menacé. C’est comme dans les zones maraîchaires. Quand on abat les arbres le long des cours d’eaux, les arboricoles qui étaient là tels que les singes vont aller vers d’autres destinations où il y des arbres. Les chimpanzés des monts nimba sont différents des chimpanzés qui se trouvent dans les collines de Gban. Ces différents chimpanzés sont circonscrits par l’IREB (Institut des Recherches Environnementales de Bossou). Les mesures que l’IREB est en train d’entreprendre, c’est faire un corridor entre la colline Gban et les monts Nimba, car il y aura un accouplement entre les chimpanzés de Nimba et ceux des collines de Gban. Il faut retenir que les chimpanzés ne peuvent s’accoupler entre la fille et son père, ou bien entre frère et sœur. Donc, cela peut réduire le nombre d’espèces de chimpanzés. Si le corridor est réussi, les chimpanzés de Bossou vont migrer vers les monts Nimba pour trouver d’autres familles de chimpanzés. Les chimpanzés de Bossou sont plus habitués aux hommes que les chimpanzés des monts Nimba » a expliqué Monsieur Tokpana Ninamou.

Parlant des autres espèces qu’on peut retrouver sur les monts Nimba, le secrétaire scientifique nous a cité plusieurs espèces végétales et animalières ; comme les crapauds vivipares :

«Les crapauds vivipares sont des crapauds qui ne pondent pas d’œufs. Ils font directement des petits comme des humains et après neufs de gestations. Ces crapauds n’existent nulle part qu’aux monts Nimba. Ils ne peuvent pas vivre aux pieds des monts, mais plutôt à une altitude qui varie entre 1200 mètres et plus. On retrouve aussi dans les monts Nimba, des hippopotames nains. C’est aussi une espèce très rare qu’on ne trouve plus ailleurs. Elles sont menacées parce que la forêt de Géré est menacée. Il y a aussi d’autres espèces telles que le chat doré, les pangolins géants. Il y a un insecte aux monts Nimba qu’on appelle l’analphevénainanta. Cet insecte à presque disparu. On rencontre ces insectes dans les hautes attitudes, et ils servent à indiquer l’écologique, partout où vous les rencontrer, ça veut dire que l’écologie est stable. Cet insecte est inféodé à une seule espèce végétale le tricholome. Alors, donc toutes ces espèces qui vivent sur les monts  sont  considérés  comme menacés parce que leur écosystème est détruit par l’exploitation minière. On ne sait pas où on va en trouver ces espèces. Les exploitations minières ont des impacts négatifs sur l’écosystème des différentes espèces, même les routes qui quittent le pied des montagnes jusqu’au sommet, c’est des espaces qui se dégradent, bien sûr, ils entreprennent toujours des activités pour empêcher l’érosion, mais toujours la nature sera dégradée. Lorsque les boues descendent dans l’eau, elle sera toujours boueuse. Les poisons vont mourir et avec certaines espèces végétales » nous apprend  Monsieur Ninamou.

Selon le directeur général de la station scientifique  des monts Nimba, le gouvernement avait demandé à l’UNESCO de proposer une variante qui pourrait rétablir une relation entre l’exploitation et la conservation de la biodiversité :

«Le gouvernement guinéen avait demandé à l’UNESCO de proposer une variante qui pourrait rétablir une relation entre l’exploitation minière, la conservation de la  biodiversité. En ce temps, il y a eu ce qu’on a appelé le projet pilote. Il a permis de concilier l’exploitation minière et la conservation de la biodiversité. Et ce projet pilote a travaillé au niveau des monts Nimba. Jusqu’à présent, l’exploitation n’a pas encore commencé, ils sont en train de faire les études de faisabilité et le sondage. Le projet pilote a proposé des aires complémentaires, comme l’aires centrale, le corridor de Bossou, et celle de la foret de Géré pour augmenter le site du  patrimoine mondial de l’UNESCO qui était dans la réserve de biosphère. La chaine des monts Nimba comprend cinq Monts. Nous avons le Pélérichaud, le mont Richard Molard, le mont Sinpélé, le mont des Génies et le mont Leclaique. Le plus haut sommet, c’est le mont Richard Molard qui est à 1752 mètres d’altitude   » précise le directeur général docteur Kpakilé Malmou.

De retour des Monts Nimba, Jean François Mamy, correspondant régional de couleurguinee.Info.