Tôt dans la matinée de ce jeudi 30 avril 2020, des  membres actifs du front national pour la défense de la constitution qui luttent contre un éventuel troisième mandat pour le président Alpha Condé ont été transférés dans le camp de Soronkoni à Kankan.

Selon nos informations l’opérateur économique Fassou Goumou, arrêté depuis le 23 Mars dernier, qui croupissait en prison et Elysée Sagno arrêté la semaine dernière à N’zérékoré  ont été conduits à 4 heures sous une escorte militaire au camp de Sorokoni.

Madame Louise Haba l’épouse de Fassou Goumou revient sur les circonstances : « Hier à 23 heures il (Mon mari) m’a appelé en pleurant en me disant qu’ils ont envoyé des gros camions pour les transférer,  et il a passé toute la  journée sous perfusion. Ça fait trois jours il est gravement malade. Alors ce matin je suis partie à 6 heures pour lui apporter ses produits, arrivées ils m’ont dit qu’il n’y a pas de visite d’abord. J’ai insisté, c’est en ce moment qu’ils m’ont dit qu’on a transféré mon mari. Je leur ai demandé où ils ont refusé de me dire, depuis, nous sommes là inquiets.» A déploré madame Louise Haba

Parlant des conditions dans de l’arrestation de son mari, elle répond : « On était là, il a passé les journées de samedi et dimanche, veille des élections à la maison ; c’est le lundi le lendemain de l’élection que le président de l’union Kpèlè, monsieur Aimé lui a dit au téléphone, monsieur Goumou venez au secours, car le gouverneur nous a dit d’aller sensibiliser les jeunes à Samoé parce qu’ils voulaient couper la route nationale. Il ne voulait pas partir, mais le président a insisté c’est en ce moment il est sorti pour aller, après la sensibilisation, c’es sur la route de retour qu’il a été interpellé par les policiers.» nous a confié madame Louise Haba épouse de monsieur Fassou Goumou.

Elle déplore la non intervention de monsieur Aimé qui est le président de l’union Kpèlè : « Aimé n’a rien fait, s’il faisait quelque chose, on allait pas envoyer Fassou Goumou, aucun responsable de la coordination Kpèlè ne s’est bougé, quand on va chez le patriarche, il nous dit qu’il va appeler le président mais jusqu’à présent rien n’est fait ; ça fait longtemps que mon mari souffre de l’hémorroïde, il saignait beaucoup c’est pour cette raison je leur ai dit de m’enfermer à sa place pour qu’il puisse se traiter.» A déclaré madame Goumou en larmes.

Ces membres du Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC),  sont accusés d’avoir joué un rôle dans les violences qui ont émaillé le double scrutin contesté du 22 mars dernier à N’Zérékoré. Cette élection a fait des dizaines de mort dans la ville de N’zérékoré, plusieurs personnes blessées et des biens public incendiés

Par Jean François Mamy pour couleurguinee.info