Dans la matinée de ce jeudi 20 août 2020, plusieurs femmes des détenues se sont rassemblées devant le domicile privé du patriarche, l’autorité morale de la préfecture de N’Zérékoré, pour demander son implication pour la libération de leurs époux.

Une des femmes, les larmes aux yeux a demandé l’implication du patriarche pour la libération de son mari. Elle dit que sa fille voulait faire le bac, mais l’absence de son époux et le manque de moyen ont fait que leur fille ne fera plus l’examen :

«Depuis qu’on a arrêté mon mari, je m’appelle madame détenue. On est venu voir notre papa, il est le papa de N’Zérékoré. Nous n’avons pas autre moyen, lorsqu’on est venue la semaine dernière, il nous a dit de l’attendre deux jours après nous allons passer et on a fait une semaine jusqu’à présent je ne vois pas mon mari. C’est pourquoi nous sommes encore là ce matin. Aujourd’hui on n’a pas de moyens. On n’a pas de mangé. Ma fille est à Conakry, elle devrait faire le bac, mais son papa n’est pas là et je n’ai pas d’argent alors elle ne fera pas le bac. Aujourd’hui, je revends les feuilles de manioc et de patates pour  me nourrir. Dès fois, je lave des habits pour mettre quelque chose sur ma langue» a révélé madame détenue.

Elle nous fait savoir qu’elles ne quitteront pas le domicile du patriarche jusqu’à ce que leurs époux soient libérés : «Nous sommes là aujourd’hui, jusqu’à ce que nous voyons nos maris. Le papa est là (Patriarche) c’est lui qui doit envoyer ses enfants. Nous allons rester ici, laver ses habits, faire tout ce qu’il veut jusqu’au jour qu’il va envoyer ses enfants nous allons tous partir à la maison. Papa Alpha et maman Djènè Condé n’ont qu’à nous aider. Si vous voyez l’image, aidez-nous, Maman Djènè, vous êtes une femme. Aidez- nous. C’est une femme qui est en train de pleurer. Ils n’ont qu’à avoir pitié de nos maris pour les libérer»  a dit cette femme.

L’émotion était à son comble dans la cour du patriarche. Toutes les femmes étaient torses nus

 Par Jean François Mamy à N’Zérékoré pour couleurguinee.info