Dans une déclaration lue hier samedi 28 Mars 2020, il condamne les violences survenues lors du double scrutin législatif et reférendaire du 22 Mars dernier dans la préfecture de Nzérékoré.

Le collectif a constaté à la suite des enquêtes menées sur le terrain dans les quartiers comme Belle-vue, Dorota, Wessoua, Sokoura 1 et 2, Nakoyakpala, Boma, Gbanghana, Gonia 2 et 3, Horoya II, Kwitèyapoulou dans la commune urbaine de Nzérékoré les faits ci-après :

1-La présence de groupe d’assaillants et de malfaiteurs :
Le collectif a constaté la présence de groupes d’assaillants mobiles qui commettaient par quartier des assassinats, des destructions et des pillages. Selon les groupes d’auto-défense constitués par quartier, il y avait aussi la présence des Donzos armés et de groupes d’individus habillés dans des habits traditionnels, tous accusés d’exactions.

2-Des blessés et des pertes en vies humaines:
Le collectif a dénombré auprès des familles de victimes au moins 22 morts par incendie, bastonnade, fusillade et autres atrocités ainsi que la disparition de plusieurs personnes. Le bilan des blessés s’élève environs à 100 personnes.

3-Des destructions d’édifices privés et publiques :
La destruction de plus d’une trentaine de maisons d’habitation familiale et de lieux de cultes.

4- La situation des personnes interpellées :
Pour le collectif plus d’une centaine de personnes ont été arrêtées, dont certains avec des armes blanches (machettes, gourdins, pieds de biche, couteaux et arc) et d’autres avec des armes à feu, certains ont commis des assassinats et d’autres ont commis des trouble à l’ordre public, avec des incendies volontaires et port d’habits traditionnels parés de fétiches.

5-De l’attitude des forces de défense et de sécurité :
Selon le collectif les forces de défense et de sécurités n’ont pas intervenu à temps ou même ne sont pas venues au secours, quand les citoyens étaient en danger. Il a été recueilli aussi que certains militaires ont tiré sur les citoyens à bout portant et que des balles perdues venant des coups de sommations tirés par d’autres militaires ont fait des victimes.

Le collectif des organisations de défense des droits de l’homme en Guinée Forestière a recommandé ceci aux autorités :

-Aux forces de défenses et de sécurité :
De prendre toutes les dispositions nécessaires afin de mettre hors d’état de nuire toutes les personnes responsables des assassinats, des destructions de biens publics et privés et de vandalismes sans distinction aucune;
De mener des enquêtes crédibles et impartiales sur les allégations de violation des droits humains afin que les présumés auteurs soient identifiés, traduits en justice et punis à la hauteur des préjudices physiques et moraux subis par les victimes ;
De démanteler et d’arrêter les groupes d’assaillants et de rebelles qui sèment la terreur et la désolation quand les conflits éclatent ;

-Aux autorités judiciaires :
D’ouvrir un procès rapide et équitable ;
D’observer le principe d’impartialité et d’indépendance dans le traitement des dossiers ;
De juger conformément à la loi, les présumés auteurs en respectant le principe du droit à la défense et à la présomption d’innocence ;
D’ouvrir une enquête judiciaire sur les auteurs de l’inhumation des victimes dans une fosse commune de façon clandestine sans le consentement de leurs parents.

-Au Ministère de l’unité Nationale et de la Citoyenneté :
De mettre en place un programme de justice transitionnelle pour la région de Nzérékoré, en vue de la vérité, de la justice, des approches de réparations aux victimes, des processus de réconciliation, ainsi que des procédés d’établissement des responsabilités criminelles et des garanties de non-répétition.

Pour finir le collectif des organisations de défense des droits de l’homme en Guinée Forestière demande:
-Aux citoyens de la région forestière :
De s’abstenir de recourir souvent à la violence et la destruction des édifices publics et privés lors des manifestation ;
De privilégier le dialogue, la cohabitation pacifique et la cohésion sociale ;
De faire recours à la loi dans l’expression de leur mécontentement ;
D’œuvrer pour la paix et l’unité nationale.

Jean François Mamy pour couleurguinée