Ce lundi, 11 mai 2020 Pépé Moriba Bolamou, chargé de communication et porte-parole du conseil supérieur de la diaspora forestière est largement revenu sur la crise selon lui entretenue par le pouvoir en région forestière. Pour lui aujourd’hui il y a une crise de confiance entre le gouvernement et la population de N’Zérékoré. Les relations entre le pouvoir et la ville de N’Zérékoré se détériorent de plus en plus aujourd’hui. C’est ce qui d’ailleurs selon lui est à la base de l’effritement du tissu social entre les fils de cette communauté forestière.

« Il y a une partie des cadres de l’administration publique, originaires de la Guinée forestière qui se font passer pour les démarcheurs pour le président de la République auprès de la population à la base. Mais ces gens ne sont pas respectés par la population à la base, d’où est née une crise de confiance qui ne dit pas son nom entre N’Zérékoré et les autres préfectures de la Guinée forestière. Le régime va carrément à l’encontre de la volonté des populations » A-t-il dit

Dans la foulée il dénonce les manœuvres du pouvoir qui selon lui visent à intimider les leaders d’opinions qui s’opposent au pouvoir de Conakry dans cette localité de la Guinée

« Nous avons dans notre pays un régime qui cherche à installer un parti unique. Toute personne qui peut lever une petite voix contraire à la volonté du régime, il faut tout à l’heure lui taper dessus pour qu’il se taise. On a arrêté Cécé Loua et Fassou Goumou parce que si on les laisse faire ils vont influencer la population à la base et ça va être une façon de mettre le bâton dans les roues du régime » Estime-t-il

Pépé Bolamou a par la même occasion répondu au nouveau préfet de Nzérékoré qui qualifie la ville d’ingérable parmi les autres de la région forestière.

« C’est des déclarations fallacieuses. Alors ce qui fait le cas spécifique de N’zérékoré c’est qu’il y a une volonté du régime de maîtriser N’Zérékoré, alors que la population à la base n’est pas dans leur esprit. C’est pourquoi il y a cette cacophonie à N’Zérékoré » Explique-t-il.

Évoquant La présence massive des donzos en N’Zérékoré, le porte-parole du conseil supérieur de la diaspora forestière s’inquiète et s’interroge

« Nous ne pouvons pas comprendre qu’à N’Zérékoré qui est la quatrième région militaire du pays,  que ça soit les donzos, des chasseurs traditionnels qui viennent pour surveiller les bureaux de vote. Et qui viennent pour assurer la sécurité des populations. C’est une inquiétude. Et les affrontements inter communautaires, il  y a eu des assassinats par balles. Donc on se demande qui sont ces donzos en réalité »

Pour finir Pépé Bolamou demande au gouvernement de retirer ces donzos dans cette zone de la Guinée.

« Le travail premier d’un donzo c’est la chasse. Alors si on quitte la forêt pour venir en ville, on se dit qu’alors ce n’est plus les animaux qu’il faut chasser mais ce sont les personnes vivantes qu’il faut chasser. Il faut immédiatement que le gouvernement trouve une solution à cela » S’est-il inquiété.

Par Abdul Karim Barry pour couleurguinee.info