Plus d’un mois après les événements tragiques dus à l’organisation des élections législative et référendaire du 22 et les lendemains 23 et 24 mars dernier dans la ville de N’zérékoré où plusieurs personnes ont perdu la vie et des dégâts matériels importants ont été enregistrés ; jusqu’à date ses différentes familles endeuillées n’ont rien perçu du gouvernement.

A date, ces victimes prennent leur mal en patience car pour l’heure rien n’a été entrepris pour des accompagnements.

Selon nos informations, les autorités se sont rendues dans les différents quartiers pour faire le recensement de toutes les victimes, mais pour l’heure rien n’est fait. Le quartier Belle-vue qui a enregistré le plus de dommages, les victimes ne font que se remettre au tout puissant.

« Depuis que le gouvernement nous a promis de nous venir en aide, jusqu’à présent on n’a pas vu quelqu’un de la part des autorités, nous nous  battons pour vivre. Vous savez c’est dans le commerce  que nous subvenons  aux besoins de notre famille. Vous pouvez imaginer que mes voitures de marques Kia Motors et ma boutique étaient parties en fumée le jour du vote. Jusque-là aucune autorité n’est venue nous consoler, ni le gouverneur, ni le préfet ou le maire.

Les gens viennent pour le recensement mais on connait ce pays-là ; ils peuvent faire des recensements mais vers la fin rien. En 2013, les événements qui se sont produits, ils ont fait le recensement mais jusqu’à présent rien.» A regretté Zaoro Fauthin Lamah, Opérateur économique résidant dans le quartier Belle-vue.

D’ajouter que : « Les voitures Bruxelles que j’ai envoyées pour revendre. Je vendais une voiture à au moins 95.000.000FG ; donc les deux voitures font les 190.000.000FG. J’interpelle les personnes de bonne volonté pour nous venir en aide, J’ai mes 70 ans aujourd’hui,  je vais en Corée pour prendre ces voitures pour les revendre ici et en un clin d’œil tout mon espoir s’envole. Je demande à toutes les personnes de bonne volonté et au gouvernement  de nous venir au secours, car j’ai des enfants qui étudient, mais je n’ai rien pour les soutenir.» S’apitoie monsieur Lamah.

Cet autre citoyen qui vendait  du ciment au rond-point de belle-vue, a vu son magasin et tout son contenu partir en fumée  : « Ça fait deux semaines les enquêteurs étaient venus pour nous recenser mais depuis là rien ; c’est pourquoi je me suis battu pour arranger les lieux et essayer de recommencer le commerce parce que si on dit on va attendre le gouvernement ça ne sera pas facile pour ma famille et moi, car il faudrait qu’on mange. J’avais dans mon magasin au moins 50 tonnes de ciments et du matériel de construction, mais tout a été calciné. Je demande aide au gouvernement et à tout le monde car nous souffrons car avec cette pandémie mondiale qui est le covid-19, rien ne va actuellement.» A expliqué monsieur Jacques Théa commerçant.

Madame Néstor Sonomy, gérante d’un dépôt de boisson s’est aussi exprimée les larmes aux yeux.

« Moi je me suis réfugiée au village depuis que les événements des 22, 23 et 24 mars se sont passés. J’ai tout perdu, parce que c’est à travers ce commerce que je faisais ce que je pouvais pour nourrir ma famille.  Mes amies m’ont appelée le dimanche pour me dire de revenir, que les autorités sont venues pour le recensement, c’est pourquoi j’étais venue, ils ont pris nos noms et contacts, ils nous ont promis qu’ils vont appeler mais depuis là rien. J’ai tout perdu, je suis ruinée totalement même gagner notre nourriture c’est des problèmes, alors je demande aux autorités de nous voler au secours sinon ça ne sera pas du tout facile.»

Ici à N’Zérékoré, les victimes et les proches interpellent le gouvernement et les personnes de bonne volonté.

Par Jean François Mamy pour couleurguinee.info