Le double scrutin législatif et référendaire du 22 mars a fait des victimes dans la préfecture de N’Zérékoré. Des responsables locaux du front national pour la défense de la Constitution sont rendus responsables de ces violences meurtrières. Ils sont critiqués par les autorités locales et les missions d’Etat qui viennent de Conakry. Lors  d’une rencontre au siège de la Préfecture, Colonel Moussa Thiegboro Camara, le Directeur de l’Agence nationale chargée de la lutte contre le trafic de drogue, la criminalité organisée et le terrorisme en Guinée s’est attaqué à ces responsables du front. Il les assimile à la pandémie coronavirus

La justice fera correctement son travail dans ce dossier, promet-il. Il promet aussi qu’aucun innocent ne sera condamné et qu’aucun coupable ne sera relaxé.

«Aucun innocent ne sera condamné et aucun coupable ne sera libéré, ça c’est la loi de la justice. Ce qui nous concerne, c’est comment consolider la paix ici à Nzérékoré. On sait qu’il n’y a pas de problème entre kpèlès et Konia. Sinon, le FNDC n’est pas mort, ils sont là, ils tournent encore. Ils sont comme le coronavirus. Tu peux vivres avec quelqu’un qui a le coronavirus, tu ne connais pas et tu ne peux pas le savoir et ils sont avec nous. Ils (FNDC) se préparent pour les élections à venir. Mais, nous ne voulons plus que ça soit Nzérékoré, s’ils veulent faire la pagaille, ils n’ont qu’à aller ailleurs. Nous ne sommes pas la seule région. Nous, on veut se développer, tout le monde est parti (les sociétés minières). Zogota est parti, un simple chauffeur était payé à 10 millions. Ils ont tout fait pour manipuler les enfants pour s’attaquer aux biens des Blancs, ils sont partis. La forêt est la vitrine de la Guinée, il n’y a pas une seule région en Guinée qui soit plus riche que la forêt. Et il n’y a pas une seule région en Guinée qui soit plus pauvre que la forêt» a déclamé Colonel Moussa Thiégboro Camara.

Il dit que la population de la région forestière se laisse facilement manipuler par les gens qui sont contre le développement de la région comme le FNDC: «On est aussi  facile à être  manipulé. Sinon, si on disait au FNDC faut aller, comme ils ont a fait ailleurs, on ne serait pas là aujourd’hui. Nous voudrions donc que vous vous réunissiez en groupe et que toutes les femmes se retrouvent dedans à N’Zérékoré. Quand il y a un problème, on se retrouve, on parle au nom de tout le monde. Et si tout le monde est organisé en fonction des communautés, qu’il ait un groupe de concertation en permanence. Parce que si les femmes veulent la paix, on peut instaurer la paix. On dit que le problème qui est à Nzérékoré, c’est parce qu’il y a l’impunité. Ici, chacun fait ce qu’il veut. Il n’y a pas de loi. Parce que quand tu te lèves, c’est les religieux qui vont dire pardon. Pardonner un criminel est ce qu’on peut toujours continuer dans ça ?  Nous avons dit simplement que vous devez vraiment vous battre pour dire au président, appliquez  la loi ici à N’Zérékoré, comme vous le faite ailleurs pour qu’on soit en paix». A indiqué Moussa Thiégboro Camara

Présent lors de cette rencontre, Sékou Souapé Kourouma, le chef de la délégation du chef de l’Etat a regretté les affrontements intercommunautaires qui sont récurrents dans la préfecture N’Zérékoré. Il  a appelé  les femmes des deux communautés à œuvrer pour la paix  en forêt : « Mon espoir est que si les femmes veulent la paix, même les hommes ne résisteront pas, tout comme les enfants. C’est pourquoi, en vous voyant mobiliser de telle sorte. On a de l’espoir qu’à N’Zérékoré, il y aura la paix. Mais, il y a deux communautés à N’Zérékoré qui fatiguent les autres. C’est les Guerzés et les Koniankés. Si quelqu’un doit présenter des excuses aux autres, c’est vous deux parce que vous fatiguez les autres » dit ce dernier

Par Jean François Mamy pour couleurguinee.Info