Les violences électorales et post électorales des 22, 23 et 24 mars dernier ont marqué les esprits en Guinée forestière et au-delà. Il y a eu morts d’hommes et des dégâts matériels considérables. Pour tourner cette page et éviter désormais pareilles situations, les habitants de cette region décident de fumer le calumet de la paix.

C’est dans cette optique que plusieurs cadres régionaux, préfectoraux, communaux se sont joints à des émissaires du gouvernement et aux patriarches des six préfectures de la Guinée forestière pour trouver une solution définitive à ces violences.

Tout ce beau monde s’est réuni chez le patriarche de N’Zérékoré ce lundi 6 juillet 2020. Un pacte de non-agression entre les différentes communautés de la région a été signé par les patriarches.

Après avoir souhaité la bienvenue aux différents patriarches des autres préfectures de la forêt, David Massa Zogbélemou, le porte parole du patriarche et du conseil des sages de N’Zérékoré a imploré la grâce divine, le pardon de Dieu pour que la paix s’installe définitivement à N’Zérékoré :

« N’Zérékoré a besoin de stabilité, de cohésion sociale et de développement. Dès l’instant qu’on parle de paix, il faudrait se dire quelque part qu’il n’y a pas d’entente ici. Hors, la paix est un comportement. Où on parle de réconciliation, c’est que dans la maison, il y à  incompréhension. C’est cela qui amène les conflits. Les conflits qui affectent généralement la préfecture, c’est l’incompréhension entre les Kpèlès et les Konians. Alors voici quelques causes de ces conflits entre ces deux communautés :

1-Haines et frustrations créées par les massacres des années 1991. L’idée de vengeance animant les deux: Kpèlès et Konians suite aux élections communales de 1991

2-Le non respect de l’autorité du patriarche.

3-  Le non respect des jeunes envers les sages, lors des prises de décisions

4- La contradiction entre les halogènes qui n’ont plus de respect ni de considération pour leurs hôtes d’hier et les autochtones qui pensent que le serment est rompu dans la cité. Cette situation amène les frustrations et les rancœurs qui fragilisent la cohésion sociale.

5- L’intoxication et la manipulation des jeunes et des femmes.

6- La mauvaise gestion des rumeurs.

7- La mauvaise gestion des conflits.

8- La communautarisation des conflits

9- L’impunité face aux actes répressifs

10- Les comportements négatifs de certains fils ressortissants kpèlès encourageant un bicéphalisme entre le patriarche et certains neveux.

11- La difficile acceptation de signature de pacte de non-agression et de cohabitation  entre les groupes sociaux vivant à N’Zérékoré créant un doute de collaboration au niveau du patriarche

12- Le non suivi du pacte de non-agression et de cohabitation entre les groupes sociaux par l’autorité coutumière ;

13- Le manque de mécanisme de suivi permanent et d’incrémentation du pacte ;

Parmi les autres points cités dans le document figurent la tenue des propos incendiaires de certains leaders d’opinion, l’orgueil  insensé des deux communautés, la détention illégale des armes à feu dans la commune de N’Zérékoré et ses environs, l’instrumentalisation des communautés par les politiques et la diaspora, le manque d’autorités sécuritaires dans les quartiers sensibles de N’Zérékoré,  le manque de poursuite judiciaire lorsqu’un événement malheureux se produit à N’Zérékoré.

On cite aussi la Présence des donzos dans le cordon sécuritaire pendant les événements, tout comme les anciens combattants de la rébellion du Liberia, de la Côte d’ivoire et la sierra Léone.

Les patriarches des six préfectures de la forêt sont en conclave autour de ces points. Pour aplanir toutes les divergences et pour trouver un issue heureuse qui mettra fin aux violences à N’Zérékoré. C’est ce qu’ont dit les organisateurs

Par Jean François Mamy pour couleurguinee.Info