Comme prévu, des élèves en classe d’examen et les universitaires ont repris ce lundi les cours dans un contexte de crise lié à des appels de boycott de la rentrée par le syndicat des élèves et le syndicat des étudiants.

Docteur Bano Barry ministre de l’éducation nationale et de l’Alphabétisation a fait le tour de certains établissements à Kaloum. Il a salué cette rentrée des classes.

« A Kaloum, parce que eux, ils ont reçu le matériel, on a trouvé que toutes les écoles publiques sont opérationnelles. C’est-à-dire les mesures barrières sont respectées »

Une rentrée un peu ternie par l’appel au boycott de certains syndicats. Docteur Bano n’a pas occulté ce problème.

« Il faut que tout le monde se rende compte que jamais dans l’histoire de l’humanité, nous n’avons connu une situation pareille. Je pense que chacun de nous devrait comprendre ça. Je ne dis pas que les enseignants du privé n’ont pas raison de vouloir recevoir un salaire. Nous sommes tous des chefs de famille. Lorsque nous sommes dans une situation où nous ne pouvons pas laisser la dépense naturellement nous sommes fragilisés » reconnait-il

Docteur Bano Barry affirme que l’Etat guinéen n’a pas vocation à financer les écoles privées. Néanmoins, il dit avoir mis à la disposition des fondateurs des écoles privées des kits qu’il estime rare dans le marché pour éviter les risques de coronavirus.

« Nous avons donc décidé dans la zone de la pandémie que les thermo-flashes que nous avons reçu de nos partenaires, mais aussi de L’ANSS, que nous allons en donner aux écoles privées qui n’ont pas la possibilité d’en trouver. Et le reste (bavettes, kits de lavage) toutes les écoles privées sont capables de le faire » estime-t-il

Docteur Bano Barry invite les parents d’élèves à les accompagner afin de sauver cette année scolaire.

« Je demande la même chose de la part de tous les enseignants de Guinée, du privé et du public, d’avoir foi et confiance que nous allons remédier à tous les problèmes. Mais nous avons besoin de temps pour comprendre, évaluer, préparer pour agir » promet-il

Pour sa part, Leno Gnouma Sory,  le Premier secrétaire adjoint du syndicat National des Enseignants du privé de Guinée appelle au Boycott des cours pour réclamation des arriérés de salaires.

« Pendant cette crise, nous avons vu jusqu’à quel niveau nos fondateurs sont limités socialement. Si ces fondateurs nous appelaient pendant cette période et cherchaient à échanger avec nous, on pourrait comprendre. Mais, rien de tout ça n’a été fait. Ils sont restés silencieux, ils ont coupé tout contact avec les enseignants » dénonce-t-il.

Pour ce syndicaliste, ce serait mieux que le ministre rencontre les enseignants du privé au lieu de se limiter aux fondateurs qu’il qualifie d’égoïste.

« Il faudrait que le ministre, au-delà de l’échange qu’il a eu avec les fondateur, qu’il accepte aussi de convoquer les syndicats pour qu’on lui explique en détail les problèmes. Les fondateurs, quand ils seront là-bas, ils ne parleront que de leur économie, de leur souffrance financière parce qu’ils ont besoin de quelque chose venant de l’Etat »

Leno Gnouma invite les enseignants qui estiment avoir eu l’assistance de leur fondateur pendant la période de crise à reprendre les cours. Aux autres de ne les tolérer point lance-t-il

Même son de cloche chez Alpha Oumar Tourkoun Diallo président du collectif des étudiants des universités publiques de Guinée. Il souhaite un allègement du prix des transports car, dit-il, il n’y a pas eu d’autres issues.

        Par Abdul Karim Barry Pour couleurguinee.info

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