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Photo Alpha Condé-George Bush : entre incongruité et complexe

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A l’occasion de son séjour américain, le président Alpha Condé a rencontré George Bush fils. La photo de deux hommes circule sur les réseaux sociaux. Car certains guinéens brandissent cette photo qui, selon eux, est la preuve du succès diplomatique de la Guinée. A entendre cette assertion, on se demande s’il faut pleurer ou plutôt en rire.

En effet, dans les conditions normales, même une rencontre entre le chef de l’Etat guinéen et son homologue américain ne devrait pas être perçue comme une victoire diplomatique de notre pays. À plus forte raison un entretien avec un ancien président. Et de surcroit George Bush fils, qui fit partie des dirigeants les détestés dans le monde à cause de la guerre du Golfe perpétrée suite à un gros mensonge d’Etat selon lequel l’Irak possédait des armes de destruction massive.

Se réjouir de cette fameuse rencontre avec l’ancien chef de l’exécutif américain, comme le font certains militants du parti au pouvoir, est plutôt la preuve, s’il en était besoin, d’un complexe d’infériorité de certains Africains vis-à-vis des Occidentaux. Quand un chef d’Etat fait les pieds et les mains pour rencontrer son homologue et qu’à la fin ses partisans brandissent fièrement son image aux côtés d’un ancien chef d’Etat, comme un trophée de guerre, cela est peu honorable pour nous.

Peu avant cet entretien, un autre événement n’était pas passé inaperçu. Il s’agit cette fois d’une autre image du chef de l’Etat guinéen déposant une gerbe de fleurs à la mémoire des victimes du 11 septembre 2001. S’il est humainement compréhensibles et même souhaitable de compatir avec les proches des victimes et le peuple américain tout entier, il est tout incongru de rendre hommage aux victimes américaines en ignorant les victimes de l’autre septembre : celui de 2009 au stade de Conakry.

Nos chefs d’Etat devraient comprendre que le dernier paysan de leur pays doit être plus important pour eux que le président américain ou français. Parce que c’est le premier qui dépose le bulletin dans l’urne pour les élire. Même si ce sont les seconds qui valident cette élection. Car ce n’est un secret pour personne que la lettre de félicitation de l’Elysée constitue en quelque sorte la certification de l’élection ou de la réélection d’un chef d’Etat d’Afrique francophone.

C’est justement cela que les nouvelles élites africaines doivent combattre. Nos chefs d’Etat doivent visiter plus l’intérieur de leur pays que l’extérieur. Contrairement à Léopold Sedar Senghor, Félix Houphouët-Boigny ou encore Mobutu Sesé Seko, qui dirigeaient leur pays à partir de la France, la nouvelle génération doit appliquer la réciprocité en ne visitant que les seuls pays dont les chefs d’Etat visitent les nôtres. C’est de cette manière seulement que l’Afrique sera respectée.

                                                                                                  Par Habib Yembering Diallo pour couleurguinee

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