« Il est inconcevable que l’on puisse accepter l’élection présidentielle un 18 octobre » s’est insurgé ce lundi Docteur Fodé Bocar Maréga membre de l’association des Victimes du Camp Boiro (AVCB) et ancien député Uninominal de l’UFDG à Dinguiraye. Selon lui, vu les événements douloureux du 18 octobre 1971, elle ne doit en aucun cas être associée à une autre. Il indique que c’est un devoir de mémoire qu’il faut ce jour. Donc, il est important de commémorer cette date et de reporter le scrutin.

« 25 complots ou crises politiques en 26 années de pouvoirs, 18 séries d’exécution. Donc, c’est une longue et terrible traversée du désert constituée de faits et de pratiques qui ont porté préjudice et un rude coup au fondement de notre société. Voilà pourquoi à l’association des victimes du camp boiro, nous avons toujours commémoré deux dates principales : le 18 octobre et le 25 janvier la date des pendaisons. Le 18 octobre 1971, Sekou Touré a fusillé plus de 70 cadres, une très grande partie des Guinéens. Donc, ce 18 octobre sonne comme un rappel vis-à-vis de tout ceux qui aujourd’hui ont été injustement condamnés, fusillés et mis dans des fosses communes » s’indigne-t-il.

Cette victime reconnaît que cette date n’est pas une date nationale mais elle est fondamentale estime-t-il.

« C’est une moment de recueillement. Un moment qui a été très dur pour ce peuple de Guinée. Il faut qu’il comprenne que ce moment n’est pas un moment où il faut s’empoigner encore. Il faut au contraire vraiment commémorer et demander pardon à toutes ces victimes innocentes qui ont péri sous les mains de ce sanguinaire » Martèle-t-il

La commission vérité justice réconciliation est en train de travailler au niveau de l’Assemblée nationale pour que leur revendication soit prise en compte. Cette victime ne perd pas espoir.

« Toutes les conclusions de cette commission sont sur la table du président de la République. Nous voulions réellement que ça soit quelque chose qui soit porté » espère-t-il.

Depuis l’indépendance jusqu’à maintenant rien a été fait pour soulager ces victimes regrette Dr Fodé Maréga

« Donc, nous nous réclamons vraiment que ce 18 octobre là, les gens se rappellent et donc, il est impensable vraiment que l’on fasse des élections présidentielles pendant ce moment » estime Fodé Bocar Marega

À la question de savoir que compte faire l’association au cas où cette date n’est pas changée. Cette victime répond

« Nous avons aujourd’hui devant un chef d’Etat qui a été condamné à mort par contumace par ce régime. Et nous pensons réellement qu’il va prendre acte et qu’il va changer cette date. Ce n’est pas quelque chose de bien sorcier. Nous nous gardons bien de dire qu’est ce que nous allons faire après » conclut-il.

             Par Abdul Karim Barry Pour couleurguinee.info