Docteur Morissanda Kouyaté, le Directeur exécutif du comité inter africain de lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants et co-lauréat du prix Nelson Mandela 2020 déclare qu’avec ce prix, il a désormais une casquette d’activiste pour la paix dans le monde et principalement son pays la Guinée.

« Ce prix ne sera pas consacré seulement à la lutte contre les mutilations génitales féminines ». Il compte s’impliquer dans la résolution des crises comme cela a été d’ailleurs, dit-il, la vocation de Nelson Mandela.

« Il ne s’agit pas de regarder ses intérêts immédiats aujourd’hui. Ces petits billets de banque. Mais, il s’agit de regarder la vie de cette grande Nation. C’est au niveau du gouvernement qu’il faut prendre l’initiative. Et quand le pouvoir prend l’initiative, il tend la main. Mais, ce n’est pas au détour d’un petit discours dire nous tendons la main. Non ! Concrètement qu’est-ce que nous faisons pour que l’on s’asseye et qu’on parle les uns aux autres. Voilà ce qu’il faut faire. Et maintenant ceux qui refuseront de rentrer dans ce processus seront jugés par l’histoire » a-t-il souligné

Pour bannir cette pratique, ce pionnier de la lutte contre les violences faites au genre  estime que la solution réside dans l’application de la loi parallèlement à la sensibilisation.

« Il faut appliquer la loi. Mais, à côté de la loi maintenant, on fait la sensibilisation, le plaidoyer » conseille-t-il

Il dit dédier son prix aux défuntes jumelles Hassanatou et Housseïnatou de Tougue qui ont perdu la vie entre ses mains par suite de mutilation génitale. Cet onusien dit qu’il recherche activement les parents de ces filles arrachées à la vie à la fleur de l’âge. Il décrit deux jolies filles tuées par les mutilations génitales féminines, il y a des années.

« Ces deux filles-là ont gagné. Parce qu’elles ont sacrifié leur sang pour sauver le sang des autres. C’est pour elles ce prix et c’est pour ma mère aussi » a-t-il précisé.

              Par Abdul Karim Barry pour couleurguinee.info