Depuis l’apparition du coronavirus les scientifiques s’emploient et se déploient pour trouver un remède. La médecine traditionnelle n’est pas non plus en marge dans cette recherche.

Ce lundi Professeur Mohamed Saha Traoré, de l’institut de Recherche des plantes médicinales et

alimentaires de Dubréka a fait sa lecture de la situation.

« C’est une maladie qui a surpris réellement le monde scientifique. Face à cette évidence, tous les chercheurs de par le monde se sont mobilisés. Nous, notre activité essentielle c’est l’exploration des potentiels de la médecine traditionnelle. Et c’est dans ce sens que, depuis l’avènement de cette pandémie, nous explorons quelle doit être l’approche de solution dans la gestion de cette maladie »   dit ce tradithérapeute.

Pour ce faire, il estime qu’il faut tout d’abord contextualiser la maladie

« Lorsqu’une maladie apparaît pour laquelle il n’y a pas de traitement standard, très souvent ce sont des repositionnements qu’on effectue. Dans notre cas d’espèce, on avait des plantes sur lesquelles nous avons mené des recherches et c’était des plantes qui étaient actives sur le plasmodium qui sont également actives sur d’autres virus tels que le VIH/SIDA. Donc, ceci dit depuis l’avènement de cette pandémie nous travaillons sur la mise en forme galénique de ces plantes. On renforce les données toxicologiques afin de proposer des formulations aux médecins soignants pour qu’on passe à des évaluations cliniques » A-t-il annoncé

Ce médecin dit que la recherche n’est pas soutenue en Guinée dans la lutte contre le Covid 19.

« En Guinée, c’est vrai qu’on reçoit des maigres moyens dans le cadre habituel de nos activités de recherches mais, spécifiquement au coronavirus, jusqu’à maintenant nous n’avons pas reçu un fond de soutien » A-t-il déploré.

Aujourd’hui, nous assistons à une floraison de proposition de remèdes contre le Covid-19. Ce médecin précise

« En fait, lorsqu’il n’y a pas de traitement réellement validé pour une maladie, c’est la boîte à pandore qui va être ouverte. Pour l’instant, en ce qui concerne la chloroquine il y a eu des efforts préliminaires qui ont attesté son « efficacité » et puisque ce sont des chercheurs avertis également qui ont mené cette recherche, il nous revient également nous guinéens, dans le cadre de l’instauration de ces traitements, d’essayer d’évaluer quelle est l’efficacité et la tolérance de ces traitements. Ce n’est pas une mauvaise démarche pour moi. Mais il n’est pas recommandé de l’utiliser en automédication » a-t-il averti.

Concernant l’usage des médicaments traditionnels, ce médecin pense que c’est une question de

réflexion.

«Avant l’avènement de la médecine structurée, l’homme a toujours eu recours à la nature en tant que telle. Et donc, l’avènement de la plupart des traitements est lié aux prix d’efforts et d’erreurs donc à l’utilisation hasardeuse de certaines plantes. Il faut noter qu’il y a bien des plantes alimentaires (zalicaments) qui peuvent avoir des effets bénéfiques de la maladie qui d’ailleurs en ont même eu sur d’autres virus grippaux (feuilles de l’ocimum graticimum) appelés en langue locale soussou « soukouran ou barikéri » qui pourraient également avoir un intérêt. Quant au citron, il a bien des effets bénéfiques car il a des propriétés anti-oxydantes qui peuvent booster l’immunité et c’est quelque chose qui est recherché en cette période ».

Les tradithérapeutes ont aussi leur partition dans cette lutte. Professeur Mohamed Saha Traoré

pense qu’il est important de les insérer dans la sensibilisation et la protection tout de même explorer ce qu’ils utilisent afin de savoir si on pourrait trouver intérêt dans la gestion de cette crise » A-t-il sollicité

                                                  Par Abdul Karim Barry pour couleurguinee.info