Mamadou Baadikko Bah, le président du parti Union des Forces Démocratiques ( UFD) ne trouve pas sérieux le scrutin d’octobre prochain. C’est ce qui justifie sa non participation à cette compétition.

« Nous avons estimé que dans les conditions actuelles, nous n’avions absolument rien à gagner dans une élection présidentielle comme celle là. Ensuite on ne peut pas confondre une élection présidentielle avec des élections législatives ou locales » dit-il.

Bien que la configuration du fichier électoral ne lui inspire pas confiance, cet opposant estime qu’il y a un autre problème majeur que les opposants devraient résoudre.

« C’est les pratiques dictatoriales du régime qui posent problème. Qui fabriquent les résultats au crayon et à la fin on attribue à chacun un score. Pour empêcher cela, il faut que l’opposition guinéenne se retrouve et qu’elle cesse d’être un comité de soutien à un individu. Chaque fois qu’il y a une alliance quelconque ici c’est toujours un comité de soutien à quelqu’un. Tant qu’on ne sortira pas de cela, l’opposition n’arrivera à rien » déclare-t-il

Cet opposant  lance un appel pour une élection présidentielle apaisée

« Il faut qu’en premier lieu, l’Etat prenne des responsabilités pour l’empêcher, arrêter toute les provocations, la violence qui peut y avoir puisque personne ne sait où on va. Donc, il faut que les élites, les forces vives de Guinée se rassemblent enfin à l’exemple  du M5 du Mali pour bâtir autres choses que ce que nous avons vu jusqu’à présent » conseille-t-il

L’opposition parviendra-t-elle à réussir l’alternance au soir du 18 octobre ? Mamadou Bah Baadiko dit ne  pas vouloir être un oiseau de malheur. Mais, il se pose bien des questions

«  Je voudrais bien qu’on me dise entre le mois de mars où c’est les préfets qui ont fait les PV, au crayons et que le pouvoir s’est emparé de toute l’assemblée, je voudrais qu’on me dise qu’est-ce qui a changé entre temps ? Est-ce que le pouvoir est prêt à renoncer à ce qu’il a fait depuis toujours ? » s’interroge-t-il

Ce leader député a aussi abordé le sujet relatif à la fermeture sélective des frontières terrestres entre la Guinée et les pays limitrophes. Il voit tout court une ethnicisation dans la décision.

« Moi j’ai dit que l’Etat a le droit de se défendre s’il a des preuves. Mais, sans la manipulation ethniciste. Il faut que ça s’arrête. Aucune décision ne peut être considérée étant valable puisque tout est teinté de guerre ethnique » soutient le numéro 1 de l’UFD

Par Abdul Karim Barry Pour couleurguinee.info