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Situation politique et sociale : Amnesty international décrit « des voyants au rouge » en Guinée

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« Les voyants au rouge à l’approche de l’élection présidentielle de 2020 » est l’intitulé du rapport d’Amnesty International présenté ce mercredi aux journalistes lors d’une conférence de presse à la maison de la presse. Un rapport qui se situe dans le cadre de l’examen périodique universel de l’ONU au compte de la 35ème session du groupe de travail prévue en janvier 2020 à Genève.

Ce rapport montre la situation des droits humains qui s’est dégradée entre janvier 2015 et octobre 2019 en Guinée. Il dénonce également l’homicide de 70 manifestants et passants et d’au moins trois membres de forces de sécurité. Il est également question dans ce rapport d’autres domaines dont les autorités n’ont pas été à la hauteur de leurs engagements. Notamment la répression contre les défenseurs des droits humains. Le rapport dit que les forces de sécurité ont tué de nombreux manifestants dont un enfant de sept ans. Il évoque aussi des conditions carcérales déplorables et le règne de l’impunité en Guinée

– Concernant les tueries de nombreux manifestant dont un enfant de sept ans par les forces de l’ordre, Amnesty International déplore l’homicide d’Amadou Boukariou Baldé, étudiant battu à mort par des gendarmes déployés pour disperser une manifestation à l’université de Labé le 31 mai 2019.

Ce rapport relève aussi que des centaines de personnes, dont des enfants, de seulement quatre ans, ont été blessées par les forces de sécurité qui ont fait usage de balles réelles, de matraques et de gaz lacrymogènes.

– sur les répressions contre les défenseurs des droits humains, le rapport dévoile que les journalistes sont pris pour cible ou agressés par les membres des forces de sécurité, et que les médias sont suspendus.  À titre d’exemple Boubacar Algassimou Diallo Abou Bakr, présentateur de la radio Lynx FM et Souleymane Diallo, le fondateur. de la dite radio

– Des conditions carcérales déplorables sont décrites par Amnesty International qui dit constater une surpopulation carcérale dans les établissements pénitentiaires guinéens.  À la maison centrale de Conakry, précisément qui a une capacité d’accueil de 500 prisonniers, on dénombre 1.468 détenues. Au moins 109 personnes sont mortes en détention pendant la période que couvre le rapport.

Il recense également des cas de torture et de mauvais traitements particulièrement en garde à vue, viols recours à des positions douloureuses, brûlures et privation de sommeil notamment.

– le règne de l’impunité

Le rapport mentionne que l’impunité règne toujours en Guinée.  Pour exemple, les familles de personnes tuées lors des manifestations ont déposé des dizaines de plaintes, parfois en fournissant des informations précises sur les unités des forces de sécurité déployées, notamment des noms et des plaques d’immatriculation.  Mais, aussi les poursuites judiciaires concernant l’homicide de plus de 150 manifestants pacifiques et les viols et violences sexuelles infligés à plus de 100 femmes dans le stade de Conakry en 2009 ne progressent guère.

À cet effet Amnesty International appelle le gouvernement guinéen sur les points suivants

– Ayant déjà aboli la peine de mort pour tous les crimes, communier toutes les condamnations à mort en tenant compte du temps déjà passé en prison.

– Retirer les forces armées des lieux de manifestations et publier immédiatement des informations sur les conditions de leur déploiement, en particulier les fondements juridiques, leur durée, leur localisation, les objectifs et les règles d’engagement en cas de rassemblements.

– Modifier le code pénal afin d’y mettre les dispositions concernant la torture en conformité avec le droit et les normes internationaux relatifs aux droits humains, et veiller à ce que la torture et les autres formes de mauvais traitements ne soient pas des crimes prescriptibles.

– Faire en sorte que les journalistes, les responsables de l’opposition, les opposants au gouvernement et les défenseurs des droits humains puissent exercer librement leurs droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique, sans crainte de représailles ou celle d’être arrêtés, placés en détention, poursuivis en justice, intimidés ou harcelés.

Enfin Amnesty International avance des chiffres comme au moins 150 manifestants(e) pacifiques ont été tués, et plus de 100 femmes violées dans le stade de Conakry en 2009. Et au moins 24 journalistes convoqués par la police, placés en détention ou poursuivis en justice depuis 2015 et selon l’administration pénitentiaire guinéenne, en octobre 2019, quelque 4.375 personnes étaient détenues dans les 33 prisons du pays, dont la capacité totale est de seulement 2.552 prisonniers.  Parmi ces personnes, 2.370 étaient en détention provisoire indique ce rapport.

                                                                                    Par Kadiatou Cherif Baldé pour couleurguinee

 

 

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