L’audience a été suspendue par le Juge. Le procureur a requis 30 millions d’amende pour la première procédure et 2 ans de prison ferme pour la deuxième procédure. C’est une jonction de procédures a précisé le juge dès l’ouverture de l’audience. Demain vendredi, les plaidoiries vont se poursuivre.

Les débats de ce jeudi 20 août au TPI de Dixinn se sont articulés sur des faits qualifiés d’accusations, de communication et de divulgation de fausses informations.

Dans les débats le juge a tenu à lire ligne par ligne la transcription des propos tenus par l’accusé dans l’émission « Les grandes gueules » de nos confrères de Espace FM

De paragraphe en paragraphe, chaque partie pose des questions au prévenu à la barre.

Les réponses du prévenu aux questions du Procureur n’ont pas été tendres. Le juge a tenté de recadrer le débat

« Je suis un porte-parole du peuple de Guinée. Je suis devant ici parce que je suis contre que le président Alpha Condé fasse de la Guinée un royaume » a déclaré Foniké Menguè à la barre.

En réponse à une question de ses avocats, Foniké Menguè a dit qu’il n’y a pas de différence entre un coup d’État militaire et un coup d’État constitutionnel.

« Si le peuple est écrasé par ses dirigeants, avec la complicité des juges et magistrats, il revient à l’armée de libérer son peuple » martèle-t-il.

Il déclare également qu’il est menacé car estime-t-il sa femme chez elle est suivie par les agents et jusqu’à la maison centrale.

Quelques questions reponses lors des débats.

Le Procureur : Machiavélique, ce mot correspond-il au président Alpha Condé ?

Foniké Menguè : Je n’ai pas de réponse à cette question.

Le Procureur : Monsieur  Sylla, Qu’est-ce que le combat du FNDC ?

Foniké Menguè : le combat du FNDC, c’est de lutter contre le troisième mandat d’Alpha Condé.

Le procureur : Qu’est-ce vous appelez troisième mandat ?

Foniké Menguè : vous en savez mieux que moi. Le président veut briguer un troisième mandat et vous le savez bien Monsieur le Procureur.

Le Procureur : Est-ce que vous avez des éléments objectifs sur le rapport entre l’augmentation des salaires de l’armée et les élections.  Vous êtes sûr que c’est l’armée qui tue?

Foniké Menguè : Oui, je suis sûr que c’est l’armée qui tue et j’assume. Il n’y a pas de différence entre un coup d’État militaire et un coup d’État constitutionnel.

Le Juge : Monsieur Foniké Menguè, Damaro Camara, et le maire de N’Zérékoré avaient porté plainte contre vous ?

Foniké Menguè : Non ! Pas du tout.

Le juge: Au moment des événements de N’Zérékoré, vous étiez où ?

Foniké Mengué : J’étais à Conakry

Le Juge: qui sont vos sources?

Foniké Menguè : c’est nos membres des antennes du Fndc

Le Procureur : Escadron de la persécution vous savez qu’est-ce que c’est ?

Foniké Menguè: l’armée guinéenne, nous connaissons leur vocation, leur serment à partir du moment où cette armée prend des armes et tire sur ses concitoyens. Elle n’est pas digne et elle devient un escadron de persécution.

Le procureur : Est-ce que vous avez vérifié les informations que vous avez reçues sur quelle base?

Fonike Menguè: Oui, c’est sur la base des informations à travers nos membres de N’Zérékoré en plus certains citoyens qui sont à Conakry et qui ont leurs parents du côté de N’Zérékoré .

Me Traoré : En quoi cette communication est mensongère ?

Foniké Mengue : en rien Me

Me Thierno Souleymane : c’est la première fois que vous produisez ces genres de liste ?

Fonike mengue: non!

Après la phase des questions, le président a clôturé les débats.

Par Kadiatou Cherif Baldé en direct du TPI de Dixinn pour couleurguinee