Depuis le recensement du premier cas de Coronavirus en Guinée, le ministère de la justice et garde des sceaux a suspendu les audiences publiques, dans les différents tribunaux du pays pour éviter la propagation du Covid-19. Au tribunal de première instance de Kankan, les autorités judicaires ont pris une batterie de mesures pour le jugement des dossiers d’extrême urgence en cette période de pandémie.

L’évolution de la pandémie du nouveau coronavirus ne rassure guère les Guinéens, c’est pourquoi, au Tribunal de Première Instance de Kankan, les autorités judiciaires se sont mis en ordre de bataille contre cette pandémie.

Selon Aly Touré, Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance de Kankan, ces mesures s’étendent sur l’installation des kits de lavage des mains, le prélèvement de la température et le respect de la distanciation sociale « Vous avez remarqué qu’à la rentrée de la cour du TPI, il y a un kit de lavage des mains installé, mais aussi à la rentrée du local du TPI, il y a également un kit. Mon garde rapproché a un thermo flash pour prélever la température de toute personne qui rentrera au TPI, moi-même, j’ai une boite du gel hydro alcoolique dans mon bureau, donc nous prenons quand même des mesures pour ne pas que le Coronavirus passe par ici. Dieu merci, pour l’instant à Kankan, il y a zéro cas confirmé » A-t-il rassuré.

Poursuivant, il a laissé entendre que c’est seulement les dossiers d’extrême urgence qui sont jugés actuellement au tribunal de première instance de Kankan à huis clos avec des mesures de distanciation.

« Actuellement on est obligé de tout arrêter sauf les audiences d’extrême urgence, pour ça également on a pris des mesures d’accompagnement, notamment le huis clos, sans la présence du public. Dans les cas comme ça, le tribunal ne reçoit que le mis en cause, son avocat, le ministère public et les juges, donc c’est ça, mais c’est quand l’affaire est extrêmement urgent. C’est un peu le cas d’un malade qu’on a reçu ici, poursuivi pour des faits de coups et blessures, il avait même des sondes. Donc si on n’avait pas jugé son affaire, il allait avoir des problèmes de santé en prison, donc puisqu’il y avait de l’urgence, on a évacué sa situation en cette période de pandémie » A-t-il laissé entendre.

Pour finir, le poursuivant de Kankan a souligné que cette période de crise sanitaire est compliquée pour lui et les détenus qui ne peuvent pas être jugés maintenant. « cette période nous met dans des difficultés parce qu’il y a des gens qui sont en prison, ils veulent voir leur affaire traitée, mais qui ne peuvent pas être jugé maintenant, ils sont dans une situation de détresse inexplicable » A-t-il confié à notre reporter

Par Mariama Tata Diallo pour Couleurguinee.info