Le métier d’apprentis chauffeurs des minibus qui assurent la liaison N’Zérékoré- Conakry est pratiqué par bon nombre de jeunes et dans des conditions extrêmes. Le manque d’emploi et la non scolarisation sont entre autres raisons qui les poussent à embrasser ce métier. Ces jeunes apprentis sont exposés à toutes les intempéries. Ils ont une place dans les véhicules. Mais, pour avoir un peu d’argent à empocher à destination, ils préfèrent donner cette place assise à l’intérieur à un passager.

Et comme, ils n’ont plus de place. Ils sont dehors, accrochés le long du trajet sur ces minibus. Et comme le voyage se fait nuits et jours, et que la nuit est faite pour dormir, les plus téméraires attachent une corde solide au véhicule et puis passent cette cordent au nouveau du dos, les hanches et le thorax.

Ainsi, ils peuvent dormir alors que le véhicule roule. Si le long du trajet il pleut, ils sont réveillés par le torrent. Et s’il ne pleut pas, des insectes nocturnes qui circulent en rase campagne s’accrochent parfois au passager accroché à la corde et au véhicule. Il y a des piqûres d’insectes. Parmi ces téméraires figurent des diplômés.

Moriba Traoré, diplômé en sociologie explique comment il s’est retrouvé dans ce métier

« Quand j’ai fini les études, j’enseignais dans les écoles privées et je tenais aussi des cours à domicile. Mais, j’ai constaté que ce que je recevais à la fin du mois ne me permettait pas de couvrir mes besoins. Ce par le biais d’un ami que j’ai découvert ce métier. Il m’a encouragé et voilà aujourd’hui je rends grâce à Dieu. Ma vie a un peu changé. Je parviens à couvrir la dépense de ma famille » avance-t-il

Vous n’avez pas peur avec tous les risques sur la route dont nous connaissons l’état ?

« Il n’y a pas de métiers sans risque dans cette vie. Donc, je me confie à Dieu » nous a dit un des interlocuteurs

Les apprentis les plus convoités par les chauffeurs de ces minibus sont pour la plupart passés par  la mécanique. Avec ceux-ci, si l’engin tombe en panne de certaines choses en cours de route. Ils peuvent la dépanner sans l’aide d’un mécanicien.

Maître Soumaoro, chauffeur de mini bus sur ce trajet dit avoir passé tout son temps dans ce métier

« Chez moi, un apprenti plus- tard au bout de deux ans, tu deviens  chauffeur titulaire. Les plus chanceux ou ceux qui sont recommandés par leurs maitres gagnent des véhicules où ils deviennent des chauffeurs titulaires et ceux qui n’ont pas cette chance restent avec leurs maitres pour les remplacer quand ceux-ci sont fatigués »

Par Mamady Cherif pour couleurguinee.info

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