Le Guinéen fait face à l’un des plus durs moments de sa vie. Presque toutes les activités sont à l’arrêt à cause de la maladie de Coronavirus qui s’éveille dans le pays depuis le 12 mars 2020. À cela s’ajoute la vie dans le “noir”. Les délestages reprennent dans le château d’eau de l’Afrique de l’ouest. Le courant électrique  est devenu une denrée rare depuis que sa gratuité a été annoncée. Il est pour les citoyens comme ce qu’est une bague pour un lépreux. Le Guinéen aime le cadeau et la facilité. Mais le gouvernement  “Kassory” lui a ouvert les yeux. Le 06 avril 2020, le premier des ministres guinéens a berné le peuple  avec un plan utopique de riposte économique au COVID-19. Dans une partie de ce plan, l’État a promis de prendre en charge pour trois mois les factures des abonnés au tarif social de l’électricité à compter du mois d’avril, pour un coût de 456 milliards de francs guinéens.

L’enthousiasme et la joie ont envahi les citoyens, surtout la population lambda. Cette population qui peine à joindre les deux bouts. Cette population qui ne mange pas à sa faim. Ces habitants qui ne vivent que de la sueur de leur front. Cette population qui ne détourne pas et qui ne vole pas pour manger.

Ce fameux plan de riposte avec son budget faramineux n’est qu’une tape à l’œil. Il n’est que de la poudre aux yeux des Guinéens.

Si pendant trois mois, les abonnés de EDG ne se pointeront pas devant les agences pour payer leurs factures, ils récolteront les pots cassés.

Wéehh, “Tè Fâa”, “Tè Siga”! et le tour tour sont de retour. La nouvelle règle est que quand vous avez le courant la journée, la nuit, on vous le prive. Dans la rue, les quartiers et les concessions, les phrases dans toutes les lèvres sont ” C’est un cadeau empoisonné”. ” Il fallait nous faire payer les factures, si ça nous permettrait d’avoir le courant comme d’habitude”, marmonnent des citoyens de Conakry. Mais faut-il rappeler que ce  n’est pas un cadeau? Il est du devoir d’un État responsable de soutenir ses sujets face à une situation comme celle-ci.

Les Guinéens ont encore besoin de savoir si c’est le Chinois qui est encore mort ou si c’est les sorciers qui jettent de mauvais sort sur le courant.

Dans une récente sortie à la RTG, le ministre de l’Energie a justifié ces interruptions par l’arrêt des centrales thermiques. Un argument qui ne tient pas la route. Simplement c’est parce que le gouvernement guinéen se moque de son peuple. Taliby SYLLA a dit que ces centrales sont à l’arrêt parce que les factures ne sont pas payées. C’est à son premier ministre qu’il devrait le dire. Car c’est lui qui a annoncé un plan de riposte nu. Un pays comme le nôtre riche en potentialités hydriques continue à acheter le courant à des productions indépendantes. C’est  vraiment une honte.

À cela s’ajoute le mois saint de Ramadan pour les fidèles musulmans. Ils ont besoin de refroidir comme tout le monde d’ailleurs, de réchauffer, de se lever tous les matins pour manger. De surcroît, l’irrégularité du courant leur cause des dommages.

Le Hic dans toute cette affaire, c’est que le ministre de l’Energie, les responsables de EDG se plaignent souvent de non payement des factures. Ils parlent souvent de branchements clandestins des personnes qui peinent encore à s’abonner. Vu cette dernière logique, on pourrait bien parler de règlement de compte.

Dans toute cette situation, c’est le bas peuple qui  paye les frais. Comme toujours, c’est les mêmes qui gagnent et c’est les mêmes qui perdent. Les magnats, eux, vont allumer leurs groupes électrogènes ou  moteurs. Et les sans défense vont se contenter d’allumer de lampes, de torches ou de bougies, s’ils en ont.