Les guéris de coronavirus ne vivent pas dans un environnement favorable dans les quartiers de Conakry. La vie de malade au CTE de Donka s’avère plus agréable que celle que certains d’entre eux vivent dans les habitations. Ils sont vus d’un mauvais œil par l’entourage qui les regarde avec un œil du genre « Attention. Il est là ! » Et on crée le vide. « Coronavirus ne nous a pas tués. Mais, c’est la stigmatisation qui nous élimine à petit feu » nous a dit un sortant du CTE de Donka qui requière l’anonymat. L’entrepreneur Algassimou Ousmane Souaré a aussi des choses à faire savoir. Nous l’avons rencontré ce dimanche

« Nous avons suivi le traitement ensemble pendant neuf jours à Donka, elle (ma femme) moi et ma petite fille de 11 mois avant d’être déclarés guéris » témoignage ce dimanche Algassimou Ousmane Souaré, entrepreneur.

Il  a vaincu avec sa famille coronavirus. Il dit que les citoyens doivent accepter de savoir leur statut en sachant qu’elle n’est pas une fatalité. Il revient sur les raisons qui l’ont poussé à dévoiler son statut à ses voisins.

« Lorsqu’on a une petite fille qui passe par les mains de tout le monde. Lorsqu’on m’a dit que ma femme est positive, je craignais que beaucoup de personnes soit infectées parce c’est le seul bébé de la cour qui passe par la main de tout le monde » explique-t-il.

Mais, le constat de ce citoyen c’est que les guéris de la maladie font l’objet de rejet brusque par l’entourage..

« Heureusement, j’ai relevé le contact de tout le monde. On était asymptomatique. Nous avons été à l’hôpital et l’ANSS nous a appelés pour faire un suivi de 14 jours. C’est ce que les voisins n’ont  pas apprécié. Lorsque je suis arrivé, la stigmatisation a continué. Mais, lorsque j’ai brandi mes attestations pour leur dire que nous sommes guéris et que nous ne représentons aucune menace, ils ont compris. Ça changé peu à peu maintenant. Ils n’ont plus peur de nous, ceux bien sûr de la cour. Mais dans le quartier, je vois encore des regards différents. Mais, je ne me préoccupe pas trop de ça » poursuit-il

Cette stigmatisation pourrait conduire les citoyens à se renfermer. Ce qui selon ce guéri de la Covid-19 compliquerait davantage la gestion de la crise. « Les gens risquent de refuser d’aller se faire dépister et même si on le fait, on trouve qu’on est positif, on n’a pas envie de le dire aux gens ou même d’aller se prendre en charge. Tout simplement parce qu’on sait que si on y va et que les gens savent que nous sommes malades, notre réinsertion sociale sera  difficile.  Et vous allez traîner à la maison, continuer à contaminer d’autres » regrette-t-il.

Cet ambassadeur de coronavirus soutient qu’une structure appelée « Association des guéris de la Covid-19 » est en train d’être mise en place par ces personnes guéries en collaboration avec la coordination médicale de prise en charge afin de sensibiliser les citoyens sur cette maladie

« On s’est retrouvé avec beaucoup d’amis qui ont le même problème et qui sont allés jusqu’à la gendarmerie ou à la police à cause de cette stigmatisation. Nous sommes ensembles, nous travaillons dessus et très prochainement chacun sortira de son côté pour passer ce message et ces témoignages de son vécu de la maladie » dit-il.

Pour finir, ce vainqueur de la Covid-19 invite les citoyens à dédramatiser cette maladie et à faire le test en cas de doute sur leur état de santé.

« Il faut accepter de passer dans un centre de dépistage pour vous rassurer de votre état. Ce qui vous permettrait de vous protéger et protéger votre entourage. C’est une question de santé publique,de responsabilité et de grandeur »  conclut-il

             Par Abdul Karim Barry Pour  couleurguinee.info

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