La plume des experts

Violences en Guinée : Après le silence de l’UA, la réaction de l’UE

single-image

Devant cette répression aveugle, les Guinéens espéraient une vive réaction de la CEDEAO et de l’Union Africaine. Or lors son récent sommet, dont le thème était « faire taire les armes sur le continent », les chefs d’Etats africains ont gardé un silence de cimetière sur les violences en Guinée. Alors que les armes parlent dans ce pays depuis octobre dernier. Plus de 30 personnes ont été liquidées par des armes. Malgré tout, ce fut un mutisme total de l’UA. Si la crise guinéenne n’est pas une guerre, elle n’est pas non plus une paix. Et faire taire les armes commence par la prévention des conflits.

Le silence de l’Afrique face au drame qui se joue actuellement en Guinée constitue l’illustration la plus parfaite que la défunte OUA devenue l’Union africaine reste et demeure un syndicat de chef d’Etat. Lesquels se disent « tu te taie sur ce qui se passe chez moi aujourd’hui pour que je fasse la même chose chez toi demain ». Heureusement qu’il existe d’autres organisations. D’autres unions que l’Union africaine.

La répression en Guinée s’est invitée au parlement européen. Et de la plus belle manière. Car il s’agit de dénoncer les agissements inhumains des agents de sécurité guinéens. Cette nouvelle est diversement appréciée dans le pays. Les opposants applaudissent et parlent de résolution interdisant aux Etats membres de l’Union européenne de vente et de livraison de matériels de maintien d’ordre à la Guinée. Les partisans du régime minimisent et parlent de simple projet de résolution.

Dans tous les cas, les pays de l’UE, contrairement à ceux de l’UA, dénoncent ce qui se passe dans ce pays d’Afrique de l’Ouest, ancienne colonie française, où les pratiques d’une autre époque persistent encore et s’aggravent même. Car malgré les tristement célèbres violations des droits de l’homme que ce pays a connues, les agents de sécurité ne touchaient pas au sacré. Désormais ils n’épargnent rien et personne.

Or dans un monde devenu comme un petit village, rien ne peut être caché. Les faits et gestes sont mis à nu. Surtout lorsqu’il s’agit des violations des droits de l’homme. C’est ainsi que la répression à laquelle certains citoyens guinéens sont soumis ne laisse pas tout le petit village planétaire insensible. Les pays membres de l’Union européenne ont eu les échos de Conakry où un cimetière a été profané. Un cortège funèbre pris pour cible. Une ambulance visée. Son chauffeur tué. Ce n’est pas tout, un vieil homme, allant dans un lieu de culte, a été molesté. Une femme utilisée comme bouclier humain par la police. Il n’en fallait pas plus pour alerter et alarmer la communauté internationale.

D’où la réaction de ce partenaire économique et financier de la Guinée. Ou encore cette autre indignation d’un important homme politique français. Jean Luc Mélenchon, président du mouvement France insoumise semble avoir entendu le cri de détresse du FNDC. L’homme a exprimé sa vive indignation devant la répression sauvage qui s’abat sur des Guinéens. Sans doute que cette réaction fera tache d’huile dans les jours qui viennent. Aussi bien en France que dans le reste du vieux continent.

                                           Par Habib Yembering Diallo, directeur de publication de couleurguinee.info

 

Laissez un Commentaire

Your email address will not be published.

Articles Connexes